« Je veux un avenir pour mon fils »

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Être mère n’est déjà pas facile, mère célibataire encore moins, mais mère célibataire sans papiers avec un enfant handicapé, c’est un combat de chaque instant. Telle est la situation de Yasmine1, maman d’une quarantaine d’année.

Yasmine est arrivée du Maroc il y a 3 ans. Pas pour travailler, pas pour courir vers « l’Europe dorée», pas pour voler le travail des Belges comme beaucoup de gens le disent, mais « juste » pour soigner son fils. Orpheline à 14 ans, elle a toujours du vivre seule, s’occuper d’elle même. Elle se marie, elle croit que sa vie va changer. Il y a 13 ans, son petit garçon Amine2 arrive dans sa vie, mais «au Maroc, avoir un enfant handicapé est une honte». Son mari ne le supporte pas, il s’en va. Commence alors le combat de sa vie, le combat pour Amine. Elle commence à travailler la nuit, pour apporter les soins et sa présence la journée à son fils. Mais dans son pays, les soins et les écoles adaptés aux personnes handicapées sont privés, donc impayables. L’état de santé de son jeune garçon se détériore de jour en jour et l’angoisse de sa maman augmente. « S’il m’arrivait quelque chose, je ne voulais pas laisser mon fils tout seul, qui s’en occuperait ? » Pense-t-elle. Elle trouve une association qui pourrait l’aider en Belgique, à Verviers. « J’ai tout supporté pour mon fils, pour qu’il aille mieux ».

Arrivée sur le territoire belge avec son fils, sans papiers, elle reçoit une AMU ( carte médicale urgente) due à la situation de santé de son fils. Amine est aveugle d’un œil, il doit absolument se faire opérer de l’autre œil, qui se fatigue plus tous les jours. Elle court d’hôpital en hôpital, d’échec en échec, à ce qu’on lui dit les hôpitaux ne font pas cette opération, le CPAS ne veut pas payer son opération. Mais face à sa persévérance, il se fait enfin opérer de son premier œil, puis du second. Son œil est passé de -3 à 6. « Quand les médecins m’ont annoncés cela, j’ai pleuré de joie. Pour la première fois de sa petite existence, Amine voyait sans lunette, sans rien, de ces propres yeux. Amine va dans une école spécialisée depuis 3 ans. Le premier jour, il restait tout seul en regardant le mur. Jour après jour, son état s’améliore, il se sociabilise. Je demande juste que mon fils apprenne à lire et à écrire, qu’il aille à l’école comme tout enfant. Amine n’a jamais été à l’école au Maroc, mais il s’est fait des copains, les professeurs sont unanimes, il a une force d’apprendre incroyable et est même en avance par rapport aux autres élèves. »

Il n’y a pas un jour où ce n’est pas difficile, mais ce combat, c’est le combat d’une mère qui se bat pour que son fils vive dignement. Elle se bat pour se faire écouter mais aussi pour respecter les droits qu’elle a, pour contrer la pitié mais encore plus la méchanceté. C’est une leçon de courage face à l’adversité de la vie. « Je ne baisse et ne baisserais jamais les bras, j’ai une force en moi qui me dit que je dois aider mon fils. Quand je le vois maintenant, tout mes problèmes s’en vont »

FAM – Front d’Action des Migrants
Mars 2015

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