LA NÉCESSAIRE SOLIDARITÉ DES FEMMES, AVEC ET SANS PAPIERS…

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L’Europe, depuis plus de trente ans, a construit une véritable forteresse autour de ses frontières, rendant les chemins de la migration plus difficiles et plus périlleux, et l’accès au titre de séjour encore plus compliqué.

Il en résulte une situation où les routes vers le continent européen, à travers les terres et la mer, sont devenues de véritables cimetières. Il ne se passe pas un mois sans que la presse ne se fasse l’écho, souvent en pages intérieures et par de petits articulets anodins, de morts, de naufrages, de migrants perdus sur les routes, parqués dans des camps, réprimés, repoussés, par les Etats européens et maghrébins. Ces Etats pratiquent une politique de racisme institutionnel par rapport aux migrants subsahariens.

Chez nous, on compte plus de 100.000 enfants, femmes et hommes obligés de survivre dans la clandestinité, travaillant au noir, surexploités, payant des prix exorbitants pour des logements de misère, traqués par la police, enfermés dans des centres, réduits à la précarité la plus totale.

Parmi ces populations migrantes victimes depuis des années de cette politique migratoire basée sur les sentiments de rejet, d’égoïsme, de repli sur soi, les femmes payent le prix fort.

Victimes de discriminations particulières dans leurs pays d’origine, de l’excision, de mariages précoces et forcés, d’un sous-statut dans des sociétés patriarcales particulièrement rétrogrades, ces femmes courent également des risques accrus sur le chemin de l’exil : agressions, exploitations, viols… Souvent, elles ont à leur charge, dans le dénuement le plus complet, la vie d’enfants que les pères ont abandonnés.

En Belgique, ces femmes vivent la précarité et la misère, l’angoisse de la procédure, de l’arrestation, de l’expulsion, aux côtés des hommes. Mais elles vivent aussi la souffrance d’avoir laissé leurs enfants au pays, ou les difficultés accrues de la prise en charge de leurs enfants ici.

Dans le cadre de la lutte pour les droits humains élémentaires des migrants dans notre pays, et en Europe, les femmes doivent encore se battre pour prendre toute leur place, et revendiquer des droits à la citoyenneté, à l’humanité, qu’on leur dénie.

Nous, femmes migrantes, nous en appelons à la solidarité féminine des femmes belges, qui connaissent à d’autres degrés, mais comme nous, les difficultés de faire entendre leur voix, de se battre pour une vraie égalité entre les hommes et les femmes dans ce monde.

Nous leur demandons de nous écouter, d’entendre notre voix désespérée, de nous aider à faire triompher le droit et la justice.

Pour une régularisation des sans-papiers en Belgique sur base d’une loi reposant sur des critères clairs et objectifs, dont la mise en œuvre sera confiée à une commission indépendante afin que triomphe la reconnaissance de leurs droits humains et sociaux.

Le Front d’Actions des Migrants (FAM) : la Voix des Sans-papiers, le Groupe EBOLA, le Collectif des Afghans, Groupe 2009, SOS Migrants, Kids Parlement, RSF et Collectif des Latinos, MRAX, CRER

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