Après la jungle de Calais, la jungle de Bruxelles ?

France Inter – Publié le jeudi 31 août 2017

En Belgique, des associations craignent que le parc Maximilien de Bruxelles devienne la nouvelle « jungle de Calais », démantelée fin 2016. 500 migrants y vivent.


Le parc Maximilien de Bruxelles nouvelle jungle de Calais ? © AFP / JOHN THYS / AFP

Les migrants se sont installés dans le parc cet été, en provenance d’Erythrée, du Sud Soudan et du Burkina Faso. Les ONG demandent la mise en place d’un centre d’accueil officiel pour éviter de reproduire la « jungle » de Calais. Les autorités belges refusent. Ironie de l’histoire : le parc est installé juste en face du Bureau de l’immigration, véritable havre de verdure au milieu de tours d’habitations.

Comment les migrants vivent-ils dans le parc ?

S’il fait soleil, les migrants en profitent pour faire un peu de lessive autour du seul point d’eau. Vêtements et chaussures sont étendus un peu partout, notamment sur les barrières des aires de jeux. Des bagages ont été rangés dans les arbres. Au petit matin, tout aura été nettoyé pour rendre au parc une apparence de normalité. Et les migrants repartent errer dans le sous-sol ou aux abords de la gare toute proche.

Les migrants passent la nuit et une grande partie de la journée dans le parc Maximilien de Bruxelles © Maxppp

Pierre Verbeeren, le directeur de Médecins du monde en Belgique :

‘C’est pire que la jungle car tout est fait pour qu’aucune cabane ne soit construite. Les gens sont même empêchés d’avoir un toit.’

Plusieurs associations demandent la création d’un centre pour accueillir et informer cette population, avec offre de soins et orientation juridique. Mais les autorités refusent pour l’instant, craignant que cela attire d’autres migrants.


Les migrants passent leurs journées au parc Maximilien de Bruxelles © Maxppp

Certains veulent demander l’asile en Belgique. Mais pour d’autres, comme ce jeune homme de 18 ans, qui vient du Soudan du Sud, le but ultime c’est l’Angleterre :

‘L’ Angleterre, c’est mieux pour moi que rester ici. Parce que je parle un peu anglais. Bien sûr que je sais que c’est très dangereux et très difficile de rejoindre l’Angleterre, mais je vais essayer.’

Pour Theo Francken, secrétaire d’Etat à l’Asile et à la Migration (N-VA, droite nationaliste flamande), il n’est pas question de prendre en charge des « illégaux » qui « ne veulent pas l’asile en Belgique ».

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