Réfugiés à Sebta et Melilla : Le HCR s’en prend à l’Espagne

Selon le projet de Madrid, une personne cherchant à entrer de manière irrégulière à Sebta et Melilla, sera repoussée automatiquement et n’aura plus accès aux procédures d’asile appliquées pour le moment.
Le Haut Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) a dénoncé ce mardi un projet de l’Espagne de durcir sa politique à l’égard des immigrés qui veulent entrer en Europe par les enclaves de Sebta et Melilla au nord du Maroc. Selon lui, ce projet qui va légaliser la pratique du refoulement et priver les personnes fuyant les conflits de toute garantie juridique et partant, est contraire à la législation internationale.
Le HCR demande ainsi à l’Espagne de ne pas faire usage de la violence à ses frontières et de respecter ses obligations internationales ainsi que la Convention de l’ONU sur les réfugiés, en permettant aux personnes ayant droit à une protection, d’accéder à son territoire.

Plus aucune garantie juridique

Selon le projet des autorités de Madrid, une personne cherchant à entrer de manière irrégulière et sans la documentation nécessaire à Sebta et Melilla, sera repoussée automatiquement et n’aura donc pas accès, comme c’est supposé être le cas jusqu’à maintenant, aux procédures d’asile prévues par la loi espagnole et l’Union européenne.
Le projet de «rejet à la frontière» vise à légaliser la pratique actuelle de refoulement, a pour sa part considéré un porte-parole du HCR à Genève William Spindler : «Cette proposition n’offrirait plus aucune garantie juridique à ceux fuyant
les persécutions et les conflits pour demander l’asile», a affirmé le porte-parole. Le HCR considère que la politique du refoulement automatique pourrait tomber sous le coup de la Convention de 1951 concernant les réfugiés fuyant une zone de conflit. Or selon Spindler, plus des 2/3 des personnes qui tentent de franchir les grilles protégeant les enclaves espagnoles seraient originaires de pays en proie à la guerre tels que la Syrie, le Mali ou encore la République Centrafricaine.
Depuis l’an dernier, le nombre de personnes cherchant à entrer à Sebta et Melilla est en forte hausse. Environ 4.200 personnes y sont entrées de manière irrégulière en 2013. Depuis le début 2014, plus de 5.000 personnes sont déjà arrivées, dont 2.000 fuyant le conflit en Syrie, a précisé le HCR.
L’agence de l’ONU a aussi dénoncé l’utilisation de plus en plus fréquente de la violence à la frontière pour dissuader les migrants d’entrer dans les enclaves.
« Aufait » avec agences
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