Beaucoup d’illégaux ne veulent pas quitter le territoire

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SARAH FRERES Publié le mercredi 14 septembre 2016 à 10h25 – Mis à jour le mercredi 14 septembre 2016 à 10h27
Un réfugié sur quatre trouve un emploi
2.943 étrangers soupçonnés de fraude en 2015
BELGIQUE En 2015, 1.515 contrôles effectués à l’adresse de personnes n’ayant plus le droit de séjourner en Belgique, contre 2.561 en 2014.
Dans le cadre de la politique du retour, l’Office des Étrangers (OE) peut demander à la police locale de procéder à des contrôles à l’adresse de personnes n’ayant plus le droit de séjourner en Belgique. Et, en 2015, sur les 17.839 ordres de quitter le territoire (OQT) délivrés suite à une arrestation administrative de la police, seuls 1.515 OQT ont été contrôlés à une adresse.
C’est ce qu’il ressort d’une réponse du secrétaire d’État à l’Asile et la Migration Théo Francken (N-VA) à une question parlementaire d’Olivier Chastel (MR). Ainsi, l’année dernière, le Bureau Sefor, qui est chargé du suivi des OQT pour le compte de l’OE, a ordonné 1.515 contrôles à une adresse. 1.124 de ces contrôles ont été effectivement réalisés.
Un chiffre alarmant : ces inspections n’ont plus été aussi peu nombreuses depuis 2010, année où 557 adresses ont été vérifiées. En 2011, on en compte 1.868, 3.121 en 2012, 2.940 en 2013 et 2.561 en 2014. Cette baisse peut s’expliquer, en partie, par le fait que de nombreux illégaux n’ont pas d’adresse fixe ou refusent tout simplement d’en donner une. « La plupart d’entre eux ne veulent pas quitter la Belgique. Si on ne sait pas où ils sont, il est difficile de vérifier s’ils sont partis ou pas ! », explique Geert De Vulder, porte-parole de l’OE. « L’OE sensibilise en permanence la police locale afin qu’elle effectue les contrôles à l’adresse demandée et attire son attention sur les documents et données qui fournissent des indications sur l’identité de l’étranger », se défend Théo Francken dans sa réponse au député fédéral, ajoutant que des formations portant sur la politique de retour sont organisées pour les zones de police locale et les communes.
Il n’empêche que ce chiffre reste faible par rapport au nombre d’OQT délivrés sur le sol belge.
Selon le rapport Myria, le Centre fédéral Migration, en 2015, 24.137 étrangers ont fait l’objet d’arrestation administrative. « Si la police effectue un contrôle et qu’elle tombe sur des personnes qui n’ont pas de papiers ou qui sont soupçonnées de séjourner illégalement en Belgique, elle peut les maintenir en détention pour une durée maximale de 24 heures », indique-t-on chez Myria, le Centre fédéral Migration.
La procédure est alors la suivante : la police appelle l’OE, qui va regarder dans sa base de données et décider du sort de cette personne. S’il s’avère qu’elle est en situation régulière ou qu’une demande d’asile est en cours d’examen, elle sera relaxée. Si ce n’est pas le cas, un OQT sera remis en main.
Ainsi, sur les 24.137 étrangers arrêtés en 2015, 6.298 n’ont pas été inquiétés et 17.389 ont reçu un OQT. Le plus souvent, il s’agissait de personnes en séjour illégal. Parmi elles, 12.824 ont été relâchées dans la nature et disposaient de quelques jours pour quitter la Belgique. 3.011 autres ont été maintenues dans un centre fermé en vue de leur rapatriement. Par ailleurs, certains étrangers ont bel et bien respecté leur OQT : près de 5.000 personnes sont rentrées de leur plein gré au pays l’an dernier.

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