Semira Adamu, 18 ans plus tard…et rien n’a changé !

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Manifestation 22/09/2016
– 12h00 à Art-loi devant le cabinet Francken. lecture du Communiqué et dépôt des revendications ; Intervenants : Mrax, La Coordination des Sans-papiers, Crer, Getting, Fgtb, Csc, Sos Migrant et d’autres associations solidaires signataires.
– 14h 00 départ (Marche – cortège) Destination: Office des Etrangers; lecture et dépôt des revendications.
– 17h (après la manif), On se retrouverait à Toestand pour partager un café et échanger sur la lutte des Sans-papiers, états des lieux. (Table d’hôtes au bénéfice de Dieng et de Hamed, par des cuisiniers sans-papiers)
– 25/09, Parcours à vélo vers le 127 bis à l’initiative de la Crer. L’événement Facebook pour l’action à vélo: https://www.facebook.com/events/1691513441174624/
Communiqué
Le 22 septembre 1998, à bord d’un avion en partance de Zaventem pour le Nigéria, Semira Adamu, âgée de 20 ans a été assassinée. Assassinée car elle s’opposait à son expulsion vers un pays qu’elle avait fui. Assassinée en lieu et place de la protection à laquelle tout demandeur d’asile a droit.
Alors que l’enfer l’attendait dans son pays, la peur au ventre en raison de la violence qu’elle avait connue lors des 5 premières tentatives d’expulsion par les autorités belges, ligotée comme un animal que l’on conduit à l’abattoir, elle ne s’attendait pas à ce que cette 6ème tentative d’expulsion soit la dernière…Celle qui conduirait à son meurtre par étouffement, à l’aide d’un coussin, par 9 gendarmes chargés de l’encadrer.
18 ans après, rien n’a changé…Malgré les manifestations et les indignations citoyennes, la violence lors des expulsions fait encore partie intégrante de la procédure d’expulsion des « indésirables » … Une violence des « agents d’accompagnement» tolérée, car dissimulée par les autorités, et jamais condamnée car les loups ne se mangent pas entre eux. Physique, morale ou psychologique, cette violence n’est pas seulement le fait d’hommes ou de femmes, mais de tout un système. Cela fait 18 ans, voire plus, que des hommes et des femmes sont expulsés dans une indifférence quasi totale… 18 ans, mais rien n’a changé.
Il y a 18 ans, des hommes et des femmes ont empêché à cinq reprises l’expulsion de Semira car ils et elles ne pouvaient plus se taire face à la violence des autorités, sans savoir qu’ils et elles lui sauvaient la vie…
18 ans, mais rien n’a changé? Si: ces mêmes hommes et femmes, défenseurs des droits de l’homme malgré eux, se verraient aujourd’hui condamnés pour avoir réagi face à ces violences et pour avoir, selon les autorités, adopté un comportement « antisocial » ! 18 ans plus tard, l’heure est à l’intimidation de celles et ceux qui osent se lever.
18 ans plus tard, les droits de l’homme n’ont jamais été aussi bafoués lorsqu’il s’agit des demandeurs d’asile…La violence, aujourd’hui, est dans le silence et l’inaction des autorités face aux milliers d’hommes, femmes et enfants, noyés en Méditerranée qui, comme Samira, avaient l’espoir de trouver refuge en Europe. Et pour ceux qui survivent, la violence, ce sont les barbelés, et des règles de plus en plus strictes et restrictives en termes de droits reconnus.
18 ans plus tard, Samira, des discours politiques condamnant la politique migratoire ayant conduit à ton meurtre, nous sommes passés aux discours nauséabonds de certains, reprochant aux demandeurs d’asile d’avoir quitté leur pays à la recherche d’une protection de l’Europe et de ses Etats membres.
18 ans plus tard, rien n’a changé… ta mort est encore intacte dans nos mémoires et à chaque annonce d’une expulsion, c’est avec la boule au ventre et la colère que nous nous rappelons que ta vie t’a été enlevée par ceux qui étaient censés te protéger.
Il avait fallu attendre la mort de Samira pour que les autorités remarquent les sans-papiers et adoptent une loi temporaire de régularisation…18 ans plus tard, les sans-papiers sont stigmatisés, chassés, emprisonnés.
18 ans plus tard, ils sont plus de 100.000 à attendre une régularisation mais, malgré les protestations des sans-papiers et des personnes qui les soutiennent, malgré les actes de désespoir, malgré les rencontres avec les autorités, aucune régularisation n’est en vue…
L’émotion exprimée à l’époque de ta mort a laissé place, de nos jours, au mépris et à l’indifférence!
Aujourd’hui, l’heure est au recueillement mais l’occasion nous est donnée de rappeler que nous luttons pour la fermeture des zones de non- droit pour étrangers que sont les centres fermés. Nous luttons également contre toute l’idéologie cachée derrière ces centres, qui privilégient le rapatriement forcé, par n’importe quel moyen, au mépris de la sécurité et de la vie de ces êtres humains.
Aujourd’hui, nous dénonçons :
– la poursuite des expulsions forcées des sans-papiers,
– la condamnation des citoyens qui, témoins des violences policières lors des vols d’expulsions, s’y opposent,
– la politique migratoire du gouvernement belge qui continue à fermer les yeux face à la détresse de milliers d’immigrés sans-papiers présents sur le territoire belge, sans aucun statut, sans aucun droit, ne pouvant ni travailler, ni se former, ni se faire soigner comme il se doit.
Nous demandons que le gouvernement fédéral procède à la régularisation de leur séjour sur base de critères clairs et objectifs.

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