28 millions d’enfants déplacés de force

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Près de 50 millions d’enfants à travers le monde vivent « déracinés » a dénoncé ce mercredi l’Unicef. 28 millions d’entre eux ont fui des violences et des persécutions.

Entre 2005 et 2015, le nombre d’enfants réfugiés relevant du mandat du HCR a plus que doublé. Pendant la même période, le nombre total d’enfants migrants a augmenté de 21 %. Fin 2015, environ 31 millions d’entre eux étaient des réfugiés et 17 millions étaient déplacés à l’intérieur de leur pays.
Sur les quelque 50 millions d’enfants déracinés dans le monde –une évaluation « prudente », selon l’Unicef– 28 millions ont été chassés de chez eux par des conflits, et déplacés à l’intérieur comme à l’extérieur de leurs frontières. Ils ont urgemment besoin d’assistance humanitaire et d’un accès à des services vitaux. Par ailleurs, environ 20 millions d’enfants ont quitté leur foyer pour diverses raisons dont l’extrême pauvreté et les violences perpétrées par des gangs. En 2015, environ 45% des enfants réfugiés placés sous la protection de l’ONU étaient originaires de Syrie et d’Afghanistan.

Le rapport souligne très justement que la population de réfugiés est beaucoup plus jeune que la population de migrants. Si la vaste majorité des migrants sont des adultes (1 migrant sur 8 est enfant), la moitié des réfugiés sont des mineurs. « Beaucoup risquent particulièrement d’être maltraités ou détenus, étant donné qu’ils ne possèdent pas de papiers, ne disposent pas d’un statut juridique précis et ne font l’objet d’aucun suivi systématique de santé », s’alarme l’Unicef.

Face à cette situation, l’Unicef a appelé les autorités à mettre fin à la détention des enfants migrants ou demandant le statut de réfugiés, à ne pas séparer les familles, à permettre aux enfants réfugiés et migrants d’avoir accès aux services de santé et à promouvoir la lutte contre la xénophobie et la discrimination. En marge de son Assemblée générale annuelle, l’ONU doit accueillir fin septembre deux réunions au sommet sur les migrations. Selon son directeur adjoint Justin Forsyth, l’Unicef espère « des engagements clairs et des mesures pratiques », comme « des alternatives à la détention des enfants », des solutions « pour préserver la cohésion des familles » et pour assurer l’accès des enfants migrants à l’éducation. M. Forsyth a aussi souligné que « la répartition du fardeau » de l’accueil des réfugiés et migrants « est injuste » car elle repose surtout sur les pays voisins (comme le Liban ou la Turquie dans le cas des Syriens) ou des pays pauvres (République démocratique du Congo, Pakistan, Ethiopie).

Anthony Lake, directeur général de l’Unicef : « Les images indélébiles d’enfants victimes –le petit corps d’Aylan Kurdi rejeté sur le rivage après sa noyade en mer ou le visage hébété et ensanglanté d’Omrane Daqneesh assis dans l’ambulance après la destruction de sa maison– ont choqué le monde entier. Chaque photo, chaque garçon ou chaque fille symbolise des millions d’enfants en danger et il faut que la compassion que nous ressentons pour les victimes que nous voyons se traduise par une action en faveur de tous les enfants. »

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