Expulsion de « Voix des sans-papiers » à Molenbeek : droit au logement pour tous, pas de rafles, pas d’arrestations !

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Conférence de presse, vendredi 9 septembre à 8H30, à l’occupation de la « Voix des Sans-papiers », boulevard Leopold II, 184C à 1080 Bruxelles.
Orateurs: Mr Tamellini (SG Fgtb), Representants de la Csc, des associations solidaires, les Occupants de Vsp, la Coordination des Sans Papiers de Belgique.
Depuis plus de 2 ans, parce qu’elles sont sans existence « légale » en Belgique, des personnes sans papiers, hommes, femmes et enfants, survivent de manière précaire, à plus de 150 personnes, dans un immeuble du boulevard Léopold II à Molenbeek. D’autres survivent comme eux dans d’autres occupations à Saint Josse, Liège….Des milliers d’autres, qui n’ont pas la chance d’être logés, se trouvent dans les rues, dans des squats, à la merci de rafles, d’enfermement en centres fermés où règne l’arbitraire, comme le signale l’association « Getting de voice » http://www.gettingthevoiceout.org/centre-ferme-si-tu-nes-p…/
Ils viennent de différents pays qu’ils ont été obligés de quitter, en prenant parfois des risques, pour sauver leur vie, espérant une vie meilleure en Belgique. Alors qu’ils ont sollicité une demande de séjour, sur base de l’asile ou d’autres procédures, le gouvernement belge est souvent resté indifférent.
Oubliés par le gouvernement et les médias, ils ont décidé de s’organiser pour faire entendre leur voix et leurs revendications, qui consistent à obtenir le séjour et pouvoir vivre librement et dignement. Et donc occuper cet immeuble était important pour pouvoir se mobiliser (organiser des mobilisations, comme la marche vers Anvers, la marche vers Wavre, etc.) et pouvoir aussi rencontrer des citoyens, des associations, des responsables politiques, et la presse, et ainsi faire connaitre leur situation et être soutenus par ces citoyens et des organisations.
A l’occupation de Molenbeek, qui s’est déroulée pendant deux ans sans aucuns problèmes avec le voisinage, la commune, qui les a aidés, notamment en acceptant l’occupation et en leur ouvrant le droit à l’aide médicale urgente, a décidé début juillet, suite à une expertise qui a déclaré le bâtiment dangereux et insalubre, d’aviser les occupants de la nécessité de quitter la demeure. Après deux reports de la mesure, afin de chercher des solutions de relogement, le collège échevinal a donné comme dernier délai le 15 septembre, jour où les lieux devront être vidés. Pour les sans-papiers, pas de possibilité de recours par une contre expertise, qui a cependant établi la non-dangerosité du bâti et la possibilité d’effectuer des réparations nécessaires à moindre coût. Ils n’ont pas d’existence légale, non existence qui rend caduque la contre expertise réalisée par un ingénieur en bâtiment.
Face à cette situation, et dans un contexte tendu où des rumeurs de rafle de ces hommes, femme, enfants, circulent, deux des organisations syndicales du pays, la FGTB et la CSC, ainsi que de nombreuses associations solidaires (Ciré, Mrax, Ldh, SOS Migrants, etc.), adressent ce message ferme à tous les politiques en charge de responsabilités communales, en charge d’un mandat de représentant dans les assemblées parlementaires, en charge d’une responsabilité gouvernementale :
-Tout doit être fait aujourd’hui pour le droit au logement de ces personnes sans-papiers et pour leur assistance tant en aide sociale que médicale. Les sans-papiers de Molenbeek doivent être relogés et un suivi social doit leur être assuré. La scolarité des enfants ne peut souffrir d’aucun arrêt.
-Aucune arrestation de personnes sans papiers ne doit avoir lieu tant à Molenbeek qu’ailleurs, pour le seul fait de ne pas avoir d’existence administrative. Nous ne tolérerons aucune rafle.
-Nous rappelons que nombre de ces personnes sans-papiers sont des travailleuses et travailleurs exploité-e-s dans des situations de travail déshumanisante, bien souvent mises en place par des mafias. Nous demandons à ce que les politiques légifèrent face à cette réalité, en vue de régulariser la situation de travail de ces personnes, condition sine qua non de l’égalité des droits entre travailleurs et travailleuses.

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