Bruxelles: 5 illégaux ont été «raflés» chez eux par la police

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Tony Chalot
Alors que le secrétaire d’État à l’Asile et la Migration Théo Francken (N-VA) envisage la création de 1.000 places supplémentaires en centre de rétention, certaines pratiques de policiers font polémique. Ainsi, cinq personnes en situation illégale ont été « raflées » par les forces de l’ordre, ces derniers mois. Sous des motifs fallacieux et sans mandat, les policiers les ont trompées pour les placer dans des centres fermés en vue de leur expulsion.
Le 23 mars dernier, vers 20h, une patrouille de police se présente au domicile d’Etterbeek d’un ancien haut fonctionnaire français. Son fils de 7 ans leur ouvre la porte. Une fois à l’intérieur, les policiers identifient Mariama la belle-sœur en situation illégale du haut fonctionnaire. Les policiers prétextent avoir des papiers à lui faire signer, sans prononcer une seule fois le mot arrestation ou expulsion, « pour ne pas faire peur à l’enfant », selon leurs dires.
Sauf que dans les faits, Mariama n’ira pas au commissariat mais sera amenée au centre fermé de Steenokkerzeel en attendant son expulsion.
L’avocat Vincent Lurquin pointe la difficulté pour ses clients de déposer une plainte pour violation de domicile, quand cette dernière a été réalisée par des policiers sans mandat.
Le cas a été porté devant la justice, jusqu’à la cour de Cassation, qui au final a donné raison à sa cliente. L’arrêt de la cour datant du 12 mai, précise que malgré la légalité de la procédure, les policiers ont usé de « tromperie » transformant ainsi cette interpellation en « arrestation arbitraire », ce qui dans un état de droit tel que la Belgique est plus qu’interpellant.
Depuis, M e Lurquin a recensé quatre cas similaires partagés entre Bruxelles et la Wallonie. L’un d’eux se défendra d’ailleurs au tribunal de Mons cette semaine. « Il faut que les règles soient respectées. Sans ça, on fragilise davantage les sans-papiers et la démocratie. »
« Il s’agit de cinq dossiers isolés par rapport à tous ceux que nous traitons », répond-on à l’Office des étrangers. « Ça peut arriver, nous ne sommes jamais à l’abri d’un accident, mais l’Office des étrangers ne peut être rendu responsable pour « l’excès de zèle » de certains agents. Nous dénonçons tout à fait ce genre de pratique. »

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