Pour Merkel, pas question de remettre en cause l’accueil des réfugiés en Allemagne

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La chancelière allemande Angela Merkel a « fermement » rejeté jeudi 28 juillet les appels à remettre en cause l’accueil des migrants dans son pays après deux attentats perpétrés par des réfugiés ces derniers jours.

Les djihadistes « veulent remettre en cause notre disposition à accueillir des gens en détresse. Nous nous y opposons fermement », a lancé la dirigeante conservatrice lors d’une conférence de presse à Berlin, après avoir écourté ses vacances en vue de défendre sa politique d’accueil, de plus en plus contestée.

« Nous allons y arriver »

La dirigeante conservatrice a réaffirmé son credo, « nous allons y arriver » (« wir schaffen das »), lancé à la fin de l’été 2015 quand l’Allemagne a ouvert ses portes à des centaines de milliers de réfugiés fuyant la guerre ou la misère.

« Je suis aujourd’hui comme hier convaincue que nous allons arriver à mener à bien cette épreuve historique en ces temps de mondialisation. Nous allons y arriver et nous avons déjà réussi beaucoup, beaucoup de choses ces derniers mois. »
Si elle a reconnu que les attentats provoquaient « une grande insécurité » dans l’opinion, elle a souligné que « la peur ne peut servir de fondement pour l’action politique », en réponse à ceux qui dans son propre camp l’appellent à donner un net tour de vis à sa politique d’immigration. Selon elle, « un pays comme l’Allemagne ne peut renoncer à sa responsabilité humanitaire, mais au contraire doit l’assumer ».

Elle a cependant annoncé certaines mesures pour faciliter l’expulsion de réfugiés déboutés ou enfreignant la loi, mieux déceler la radicalisation islamiste chez les demandeurs d’asile et a également évoqué la possibilité pour l’armée allemande d’intervenir pour la sécurité intérieure en cas de gros attentats ; ce qui serait une première.

Depuis le 18 juillet, une série d’attaques a fait 15 morts, dont quatre assaillants, et des dizaines de blessés. Selon les autorités, deux des assaillants, un demandeur d’asile syrien et un réfugié originaire d’Afghanistan ou du Pakistan, étaient liés au djihadisme.

Ces attaques ont dissipé les dernières illusions qui pouvaient laisser croire aux Allemands que leur pays était à l’abri de la violence islamiste.

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La politique d’accueil fustigée

De la gauche à la droite, de nombreux responsables politiques fustigent la politique d’accueil d’Angela Merkel, qui a permis à plus d’un million de migrants et réfugiés d’entrer l’année dernière en Allemagne.

« Le terrorisme islamiste est arrivé en Allemagne », a annoncé Horst Seehofer, ministre-président du Land de Bavière et opposant de longue date à la politique de la chancelière. Ce dernier réclame un durcissement des mesures de sécurité et des politiques d’immigration.

En vacances dans le nord de l’Allemagne depuis samedi, Angela Merkel avait jusqu’alors délégué à son ministre de l’intérieur, Thomas de Maizière, le soin de répondre à ces accusations. Contrairement au président François Hollande, qui s’est déplacé mardi en Normandie après le meurtre d’un prêtre à Saint-Etienne-du-Rouvray, Angela Merkel ne s’est pas rendue sur les lieux des dernières attaques, ce qui a soulevé des interrogations en Allemagne.

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