Appel international de la CISPM

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Le 10 juin dernier, la Coalition internationale des Sans Papiers et Migrants (CISPM) a lancé – avec d’autres associations et collectifs français et italiens[1] – un appel international pour la cessation des politiques de tri, de fichage, de traçabilité et d’enfermement des étranger.e.s sur le territoire de l’Union comme à ses frontières et pour la fermeture des centres de détention et des hotspots.
Toutes les enquêtes et observations de terrain amènent au constat que la privation de liberté, peu importe la forme qu’elle prend, entraîne la violation des droits humains et sert une politique de criminalisation des étranger.e.s.
Loin de diminuer, le nombre de camps augmente au sein de l’Europe et au-delà de ses frontières où elle exporte ce « modèle » en déléguant à d’autres pays sa politique répressive dont les camps sont devenus un instrument central.
En mai 2015 la Commission européenne a adopté une approche dite hotspots dont l’objectif affiché était de répondre au drame des naufrages en Méditerranée et à la « crise des réfugié.e.s » en mettant en place un système de partage des demandeur.euse.s d’asile dans l’ensemble des pays de l’UE et en apportant une aide immédiate aux pays de première arrivée, en l’occurrence la Grèce et l’Italie.
Un an après, il est désormais évident à tou.te.s qu’il s’agit de faire le tri entre les demandeur.euse.s d’asile – éligibles à une protection dans le pays d’arrivée et/ou à la relocalisation dans un autre pays de l’UE – et les migrant.e.s économiques qui auraient vocation à être expulsé.e.s.
De plus, il s’avère que ce dispositif de tri – qui n’a, à ce jour, aucune véritable base légale au niveau européen – ne peut fonctionner qu’à condition d’être coercitif et évoluer vers un recours accru à la détention, notamment pour organiser l’expulsion de celles et ceux qui ont été jugé.e.s indésirables sur le territoire européen, et l’installation de centres de détention, en amont, dans les pays de départ et de transit (cf. Turquie, Niger, Soudan), pour empêcher à ces exilé.e.s de rejoindre la forteresse Europe.
Face à une telle accélération, le réseau Migreurop – qui, depuis plus de dix ans, recense et documente les lieux, formes et conditions de l’enfermement des étranger.e.s ainsi que les dérives et violations de droits qu’ils créent et s’attache à mobiliser celles et ceux qui s’y opposent – a lancé, le 23 mai dernier, une nouvelle mobilisation sous la bannière « Close the Camps » et soutient aujourd’hui l’initiative de la CISPM et de ses partenaires en invitant à signer l’appel, à organiser des rassemblements devant les centres de détention samedi 18 juin prochain ou participer aux manifestations qui sont prévues ce jour en France, en Italie et en Espagne.
Pour plus d’informations : Appel international pour la fermeture des centres de rétention et des hotspots | Appel à manifester samedi 18 juin prochain en direction du Centre de rétention de Vincennes.

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