Une ONG diffuse la photo d’un bébé mort noyé en Méditerranée

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Sea-Watch a justifié son acte via un communiqué qui appelle l’Union européenne à ne pas fermer les yeux sur l’horreur.

L’homme sur la photo s’appelle Martin. Il est père de trois enfants, explique-t-il dans un mail à Reuters. Martin a vu l’enfant flotter sur l’eau. « Comme une poupée, les bras tendus ». Il l’a alors pris dans ses bras, pour le bercer une dernière fois. « J’ai commencé à chanter pour soulager ma douleur, et pour donner une forme d’expression à l’incompréhensible », poursuit-il.

Cette photo a été prise vendredi 27 mai aux larges des côtes libyennes lors d’une opération de sauvetage d’un bateau de bois en plein naufrage. Martin est l’un des membres de l’ONG allemande Sea-Watch, qui participe aux opérations de sauvetage en mer.

C’est à l’unanimité que Sea-Watch a décidé de publier lundi ce visage de poupon à l’air endormi dont la courte vie a été emportée par les vagues. Pour l’heure, pas de nom ni d’âge, mais une justification de l’ONG : « Si vous ne voulez pas voir ces images, arrêtez de les produire ! ».

Sur sa page Facebook, l’ONG explique avoir secouru ce jour-là 120 personnes et retrouvé 25 corps sans vie, dont celui d’un autre enfant. Mais le courant aura emporté bien d’autres noyés. « Ces images tragiques doivent être vues par la société européenne car les tragédies sont la conséquence de la politique étrangère européenne », estime Sea-Watch.

Des rescapés sur le pont de l’embarcation de Sea-Watch. © Facebook de l’ONG

« Mon Alan est mort pour rien, peu de chose a changé ». Ce sont cette fois les mots d’Abdullah Kurdi, la père d’Alan (longtemps nommé Aylan), retrouvé mort sur le sable fin d’une plage turque en septembre dernier. Un sentiment confié en cette fin mai à La Reppublicca et qui donne tout son sens à la décision de Sea-Watch. Tout autant qu’il laisse à craindre que l’impact de cette image tragique ne soit à nouveau vain.

«La photo de mon fils sur la plage de Bodrum est un symbole»
Dimanche en Italie, le porte-parole du Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR), Federico Fossi, affirmait craindre que près de 700 migrants, dont une quarantaine d’enfants, aient trouvé la mort la semaine passée dans trois naufrages au large de la Libye.

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