Les réfugiés irakiens de Gouvy en colère

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Le courrier de Théo Francken, qui les pousse au départ moyennant 500 €, crée des tensions dans les centres d’accueil.
Le courrier envoyé en début de semaine par Théo Francken à tous les demandeurs d’asile irakiens a fait réagir la communauté irakienne du centre Fedasil de Bovigny (Gouvy). Une communauté qui compte 120 personnes dont des familles avec enfants.

« C’est la deuxième fois que le secrétaire d’état tente de nous faire partir », déplore un jeune homme originaire de Bagdad. « Nous ne comprenons pas pourquoi les Irakiens sont visés. Nous avons quitté notre pays car nous n’y étions pas en sécurité. Le voyage jusqu’en Europe a été long et périlleux. Nous ne voulons pas retourner en Irak où nous risquons d’être tués. »

Dans ce courrier nominatif, rédigé en arabe, le secrétaire d’État à l’asile et à la migration leur explique qu’ils ont peu de chance que leur demande aboutisse car ils proviennent d’un pays où « la guerre est non violente ». Il leur propose de doubler leur prime au départ volontaire, soit un montant total de 500 €, s’ils décident d’abandonner leur demande d’ici la fin mai.

« Nous n’avons pas besoin d’argent mais de liberté », poursuit le jeune Irakien. « En Belgique, les droits de l’homme sont respectés. Par contre, en Irak, ce n’est pas le cas. Le gouvernement ne contrôle plus rien et le pays est livré aux extrémistes qui font régner la terreur. Les attentats sont fréquents. Chaque jour, des civils sont tués ou emprisonnés de manière arbitraire. »

Les résidents irakiens du centre Fedasil suggèrent à Théo Francken d’utiliser l’argent de la prime au départ pour aller en Irak et se rendre compte de la situation dramatique dans laquelle la population se trouve.

Dans les centres d’accueil gérés par la Croix-Rouge, aussi, ce courrier a indigné les résidents d’origine irakienne. « Des délégations ont demandé à être reçues par la direction », explique Billy Jungling, directeur du département accueil des demandeurs d’asile à la Croix Rouge de Belgique. « Les Irakiens se sentent clairement discriminés par rapport aux Afghans et aux Syriens. Cette discrimination crée des tensions entre les communautés dans les centres où la gestion au quotidien n’est déjà pas simple. »

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