Réfugiés : « Il faut généraliser l’accueil familial des mineurs non accompagnés »

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«L’accueil des Mena est à inventer», insiste André Antoine.-EdA Philippe LABEYE
Le président du Parlement wallon propose de lancer un appel pour l’accueil en famille des Mena, les réfugiés mineurs non accompagnés. Il veut généraliser les expériences pilotes qui existent déjà chez nous.
Lundi, deux chercheurs du Research Department de la Banque nationale de Belgique présentaient en commission du Parlement wallon un document qui sera publié en juin prochain: l’impact chiffré de la vague actuelle des réfugiés sur l’économie belge et le marché de l’emploi.
De quoi relativiser pas mal de stéréotypes, puisque les perspectives sont plutôt positivesà court terme (5 ans).
Mais les chiffres rappellent aussi que le nombre de mineurs non accompagnés (les Mena) est plus important que jamais: ils sont 7 fois plus nombreux qu’il y a 15 ans. Ils représentent 10% des «arrivées» en Europe.
Le président du Parlement wallon André Antoine (cdH) en profite pour proposer de mettre les familles sur le coup: «Pourquoi ne pas lancer un appel à l’accueil familial, avec l’agrément des CPAS locaux?»
«L’accueil des Mena est à inventer»
«Puisqu’un accueil réussi des demandeurs d’asile peut contribuer à donner un petit coup de fouet à notre économie en 5 ans, autant se donner toutes les chances», commente André Antoine.
Évidemment, prévient-il, rien ne se fera sans concertation et coordination entre les différents niveaux de pouvoir, depuis l’Europe jusqu’aux communes.
Et ça vaut en «intra-belge» aussi. Les recommandations des chercheurs de la BNB pour une intégration réussie des demandeurs d’asile impliquent en effet la Fédération Wallonie-Bruxelles (reconnaissance des diplômes), les Régions (formation, activation sur le marché de l’emploi et parcours d’intégration), le fédéral (politique sociale), les CPAS et les communes en tant que premiers facilitateurs d’intégration des personnes.
«Comme un parrainage au niveau local, dans un maillage plus naturel»
Bref, rien ne se fera si on ne se parle pas à tous les étages…
Et les mineurs dans tout ça? «Ils sont livrés à eux-mêmes. La meilleure réponse est-elle de les parquer dans des institutions avec des adultes qu’ils ne connaissent pas? L’accueil des Mena est à inventer», soutient André Antoine.
«Nous aurions de meilleures chances d’insertion avec des familles d’accueil. Comme un parrainage au niveau local, dans un maillage plus naturel», dit-il.
Un partage des indemnités?
Il existe déjà quelques projets pilotes. Il propose de les généraliser.
En procédant par étapes: d’abord, définir un cadre légal pour permettre un agrément des CPAS, conclure des conventions d’accueil entre les acteurs impliqués, «identifier et faire coïncider les profils des migrants aux familles d’accueil», pour aboutir enfin à une généralisation de cet accueil en Wallonie et à Bruxelles.
Le président du Parlement wallon considère qu’il serait peut-être utile aussi de prévoir une modification législative concernant le financement par Fedasil, actuellement prévu pour les places d’accueil. On pourrait ainsi imaginer un partage des indemnités entre les familles d’accueil et les réfugiés, suggère-t-il.
La priorité va aux mineurs, insiste André Antoine. Mais tous les candidats réfugiés sont potentiellement concernés.

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