Francken sur les migrants: «Myria cherche une guerre idéologique»

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Elodie Blogie (avec Belga)
Modifiez votre vision du monde, Monsieur Francken!
Le secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration Theo Francken a rapproché mardi la plainte du Centre fédéral migration Myria à une attitude de trafiquants d’êtres humains.
«Je partais du principe que seuls des trafiquants d’êtres humains s’opposeraient à ces courriers, mais c’était apparemment sans compter sur le Centre fédéral migration», a affirmé Theo Francken (N-VA), qui qualifie en revanche de «correctes et indispensables» les campagnes d’information critiquées, à savoir les lettres de dissuasion envoyées aux demandeurs d’asile irakiens et afghans.
« Theo Francken ne répond pas sur le fond »
François De Smet, le directeur de Myria refuse de tomber dans la polémique mais remarque que Theo Francken ne répond pas sur le fond. « Notre plainte ne porte pas sur les courriers de dissuasion eux-mêmes, mais sur l’absence des brochures d’informations émises par la Commission Européenne et imposées par le Règlement Dublin III. La Belgique n’offre toujours pas une information complète et neutre aux demandeurs d’asile, c’est l’objet de la plainte, mais leur envoie par contre des lettres de dissuasion : voilà ce que nous disons. Là-dessus, nous n’avons aucune réponse. » Le Centre fédéral Migration n’a eu aucun autre contact avec le Sécrétariat à l’asile et la migration aujourd’hui. Il rappelle que l’Etat belge et le cabinet de Theo francken étaient au courant de cette plainte.
«Myria cherche une guerre idéologique»
Dans l’avion en partance pour la Turquie, notre journaliste Jurek Kuczkiewicz a à nouveau interrogé le secrétaire d’Etat. « Myria cherche une guerre idéologique », a décrété Theo Francken, réaffirmant le bien-fondé des lettres d’information/de dissuasion envoyées aux demandeurs d’asile : « Nos lettres sont en grande partie un copié-collé de celles qui sont distribuées dans d’autres pays européens, comme les Pays-Bas, par exemple. Les retours volontaires de plusieurs millieurs de demandeurs d’asile montrent bien qu’ils sont déçus car ils réalisent qu’ils s’étaient fait une mauvaise image de la Belgique. C’est la preuve qu’ils sont mal informés, nous allons donc continuer à leur donner l’information réelle ! » Le secrétaire d’Etat a également ajouté que si la Belgique reste dans le top 5 des destinations des demandeurs d’asile, c’est « la preuve qu’elle n’est pas si inhumaine »…
Les deux autres motifs de la plainte n’ont pas été évoqués. L’interdiction de détenir des demandeurs d’asile au simple motif qu’ils ont été enregistrés dans un autre pays n’est pas non plus respectée par l’Etat belge, estime Myria. Enfin, l’absence de recours effectif et suspensif à une décision de transfert a déjà valu à la Belgique plusieurs condamnations de la Cour Européenne des Droits de l’Homme.
Une plainte déposée en décembre
L’Etat belge fait l’objet d’une plainte déposée auprès de la Commission européenne par le Myria, le centre chargé de veiller au respect des droits fondamentaux des migrants.
La plainte de Myria contre l’État belge, remonte au mois de décembre, a fait savoir son directeur François Desmet dans une carte blanche publiée par Le Soir.

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