Carte | Mobilité et migration, de faux amis

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Si « migration » est synonyme de déplacement durable d’un pays à l’autre, elle ne va pas de pair avec la notion de « mobilité ». De fait, la liberté d’un citoyen du monde de se déplacer en Suisse et en général dans le monde occidental dépend de la couleur de son passeport et de la situation prévalant dans son pays d’origine. En Suisse, la mobilité est également contingentée au type de permis de séjour.

Politique des visas. Qui veut entrer en Suisse doit -ou non- faire une demande de visa qui s’agrémentera, selon son origine, de conditions plus ou moins compliquées et onéreuses. Toute la question sera de savoir si on est né du bon côté ou non de l’îlot de prospérité et de stabilité. La politique des visas est en effet une façon de restreindre l’accès légal au territoire helvétique aux pauvres mais aussi aux réfugiés de la guerre et de la violence, comme le montrent les deux cartes réalisées par le géographe Philippe Rekacewicz ci-dessous. Une façon de s’assurer que les personnes venues admirer le jet d’eau retourneront chez elles avec leurs souvenirs. On se souvient de la décision prise par la Suisse en janvier 1992, au moment où la guerre en ex-Yougoslavie faisait rage, d’introduire l’obligation de visa pour ses ressortissants [1]. Décision ne laissant d’autres choix que de recourir à des voies dangereuses et à des passeurs pour trouver refuge en Suisse. La place du Kosovo dans cette représentation du monde comme les principaux pays de provenance des réfugiés témoignent d’une certaine « tradition » en la matière.

Et une fois en Suisse? La mobilité des personnes ayant déposé une demande d’asile et obtenu une protection dépendra du permis de séjour. Lieu de résidence imposé. Changement de canton entravé voire impossible. Voyages à l’étranger prohibés, sauf exception, pour les personnes admises à titre provisoire. Les détails des diverses entraves et subtilités sont détaillées dans une nouvelle brochure publiée par le Secrétariat d’Etat aux migrations (voir notre article p. 10-12)

Sophie Malka

1 « Faux réfugiés. La politique suisse de dissuation de l’asile (1979-1999) » Alain Maillard et Christophe Tafelmacher, éd. D’En bas, 1999

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