Le bourgmestre de Saint Gilles, Charles Picqué, s’oppose à la liberté d’expression des femmes dans sa commune !

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A l’occasion de la journée internationale de la femme, le Comité des femmes sans-papiers organise une manifestation pour dénoncer le sexisme que subissent des femmes en Belgique et dans le monde, et plus particulièrement les femmes sans papier et de leurs enfants.
En effet, les femmes dans notre société restent à l’heure actuelle les premières victimes de l’injustice sociale et des violences. Beaucoup des femmes sans papier ont fui les violences et leurs conditions, sans droit dans leur pays, au péril de leur vie.
En Belgique, elles subissent une double peine. En plus d’être femmes, elles (et leurs enfants) sont considérées comme illégales sur le territoire et sont donc confrontées non seulement à une très grande précarité, mais surtout en proie à de terribles violences contre lesquelles il leur est impossible de se défendre légalement.
Cette manifestation est donc l’occasion de rappeler une réalité bien sombre et trop méconnue des migrantes. C’est aussi l’occasion pour tous ceux que cela indigne, de manifester leur solidarité.
Elle aura lieu le dimanche 6 mars, partira du centre ville à la Gare Central à 13h, passera par Ixelles et devait se clôturer à Saint-Gilles par un événement musical et quelques prises parole.
Les demandes ont été introduites fin janvier et validées depuis par les différentes communes se trouvant sur le trajet.
Les organisatrices ont dès lors annoncé la manifestation par tracts, affiches et communications électroniques en mentionnant le rendez-vous de départ et l’événement de clôture place Bethleem. Les engagements des musiciens ont aussi été confirmés.
Et puis, le 25 février, à dix jours de la manifestation, le bourgmestre Charles Picqué leur a annoncé par un message téléphonique qu’il refusait d’autoriser la manifestation à Saint-Gilles, sans proposer un autre trajet. Les autres communes ont autorisé le passage du cortège sur leur territoire.
Après de nombreuses interpellations, des « raisons » ont finalement été données : considérations de sécurité, de tranquillité et de transports publics. De sécurité ? De tranquilité ? Et de transports publics ? En quoi cette manifestation serait elle différentes d’une autre ? Ne s’agit-il pas plutôt d’un mépris total envers les femmes immigrées ?
Nous demandons pourquoi ces motifs ou contraintes spécifiques à la politique communale saint-gilloises n’ont-ils jamais été évoqués lors des réunions de concertation ? Ils posent surtout de graves questions sur le droit de manifester.
Le refus du bourgmestre soulève enfin des interrogations sur la représentation que les autorités se font des femmes sans-papiers et de leur soutien. En quoi constituent-elles un danger pour la sécurité des quartiers populaires saint-gillois ? Faut-il préciser que cette manifestation se veut totalement pacifique ? Un service d’ordre interne est organisé par la Coordination Sans-Papiers qui a déjà fait ses preuves en matière de bon déroulement d’une manifestation. Les personnes sans titre de séjour font tout pour éviter les altercations tant avec les forces de l’ordre qu’avec les habitants des quartiers puisque celles-ci nuiraient à leur cause et les exposeraient à des risques d’expulsion.
Nous exhortons donc les autorités communales de Saint-Gilles à revoir leur décision et autoriser la manifestation des femmes sans-papiers du 6 mars à traverser la commune et à se clôturer sur une de ses places conviviales. Ce serait non seulement honorer le droit de manifestation et celui des femmes mais également le vivre ensemble et la rencontre interculturelle qui font la richesse de Saint-Gilles.
Nous invitons la presse à notre manifestation, qui sera unique par la partie partiellement souterraine de l’itinéraire qui nous est imposé. Aidez-nous à faire connaître cette situation scandaleuse à un plus large public !
Le comité des femmes Sans-Papiers

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