Plus de 60% des demandeurs d’asile ont obtenu une protection en 2015

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Liège, Spa, Jalhay: l’accueil des réfugiés, un business rentable?

Un nouveau centre pour mineurs étrangers non accompagnés ouvrira bientôt ses portes à Spa. Tout comme à l’ancien hôtel « les Santons » à Jalhay, c’est une société privée qui gérera l’accueil d’une trentaine de jeunes réfugiés via l’asbl « Les sept lieues ». Avant pourtant, l’accueil des réfugiés, c’était l’affaire essentiellement de services publics avec l’aide de grandes institutions comme la Croix-Rouge ou Caritas. Devant l’afflux de mineurs en provenance de Syrie et d’Afghanistan, le service public fédéral est débordé. Pour les prendre en charge, Fedasil fait de plus en plus d’appels d’offres ouverts au privé. Et ce marché, c’est plutôt une nouveauté dans le secteur de l’accueil des réfugiés.

Des investisseurs privés pour gérer des centres d’accueil pour jeunes réfugiés

Aujourd’hui, le monde financier s’y intéresse de plus en plus. Le pedigree des fondateurs de l’asbl « Les sept lieues » par exemple, ressemble plus à une carte de visite d’hommes d’affaires qu’à celle de bienfaiteurs désintéressés. Les deux sont passés par la Harvard Business School. Ils ont créé une société d’investissement. Et vendu notamment des supermarchés en Argentine. Ils possèdent aussi chez nous une Société Anonyme franco-belge baptisée « Le Carrosse ». Leur entreprise gère en Belgique une quinzaine de maisons d’accueil pour personnes handicapées mentales. Avec une prise en charge de nombreux patients originaires de la France qui, par manque de places, peut verser par exemple, 184 euros par jour pour la prise en charge d’un résident. De quoi largement rentrer dans ses frais.

70 euros par jour pour héberger un mineur étranger non accompagné

Chez nous, L’Etat belge offre moins pour héberger un mineur réfugié : 70 euros par jour. Encadrement social compris. Et ce montant, l’asbl « Les sept lieues » le négocie à la hausse pour ouvrir ses centres à Spa et Jalhay. Rentabilité oblige. Autre exemple: à Liège, la nouvelle asbl « Smartsocial » elle, a transformé ses bureaux en centre d’accueil pour jeunes réfugiés. Ses deux fondateurs sont issus d’une startup qui loue des apparts-hôtels branchés. Le premier est spécialisé en droit de la concurrence. Le second en gestion immobilière. Ces jeunes indépendants ont même opéré une levée de fonds pour lancer leur centre d’accueil. L’aide humanitaire devient un business comme les autres.

Le taux de réponses positives a atteint un niveau sans précédent, vu le grand nombre de demandeurs d’asile venant de Syrie, d’Irak et d’Afghanistan.

En 2015, six réponses sur dix données par le Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides (CGRA) étaient positives. Autrement dit : dans 60,7 % des cas, le CGRA a estimé que le demandeur d’asile avait effectivement besoin d’être protégé par la Belgique.

En tout, le CGRA a donné 8.122 décisions positives, ce qui représente 10.783 nouveaux réfugiés en Belgique (puisque les mineurs accompagnés n’introduisent pas de demande d’asile personnelle).
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Parmi les 8.122 demandes d’asile acceptées (60,7 % des décisions), une grosse partie correspond à l’octroi du statut de réfugié (50,5 % des décisions), et une plus petite à l’octroi du statut de protection subsidiaire (10,2 % des décisions). La protection subsidiaire est accordée à des personnes qui, en cas de retour dans leur pays d’origine, courent un risque réel de subir des atteintes graves.
Une augmentation par rapport aux années précédentes

Ce taux d’acceptation de demandes d’asile est largement au-dessus de ceux des années précédentes. En 2014, 46,8 % des décisions étaient positives. En 2013 : 29,4 %.

« Le taux élevé de reconnaissance s’explique par le fait que la plupart des demandeurs d’asile en Belgique viennent à présent de pays en proie à des conflits armés ou une guerre, alors que par le passé, de nombreux demandeurs venaient des Balkans occidentaux », explique le CGRA dans un communiqué.

Ainsi, en 2015, le CGRA a accordé un statut de protection à presque tous (97,64 %) les demandeurs syriens. Ensuite, 77,3 % de demandeurs afghans ont reçu un statut de protection. Pour les dossiers irakiens, le CGRA a accordé un statut de protection dans 72,2 % des cas.
35.476 demandes d’asile introduites en 2015

Les décisions prises par le CGRA en 2015 correspondent à des demandes d’asile introduites en 2015, mais aussi parfois en 2014, ou encore avant… Vu le temps que prennent les auditions des demandeurs d’asile et l’examen de leur dossier, les décisions ne sont pas prises dans la foulée de l’enregistrement de la demande d’asile.

Ainsi, en 2015, 35.476 demandes d’asile ont été enregistrées auprès de l’Office des étrangers. Parmi elles : 21,8 % de demandes d’Irakiens, 21,3 % de demandes de Syriens et 20 % de demandes d’Afghans. Ces 35.476 demandes représentent une augmentation de 106,1 % par rapport à 2014.

Vu ce nombre important de demandes d’asile introduites en 2015, le CGRA estime que désormais un dossier mettra au moins un an avant d’aboutir sur une décision positive ou négative. Les résultats pour une grosse partie des 35.476 demandes d’asile arriveront donc dans les statistiques de l’année prochaine.

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