Liège, Spa, Jalhay: l’accueil des réfugiés, un business rentable?

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Un nouveau centre pour mineurs étrangers non accompagnés ouvrira bientôt ses portes à Spa. Tout comme à l’ancien hôtel « les Santons » à Jalhay, c’est une société privée qui gérera l’accueil d’une trentaine de jeunes réfugiés via l’asbl « Les sept lieues ». Avant pourtant, l’accueil des réfugiés, c’était l’affaire essentiellement de services publics avec l’aide de grandes institutions comme la Croix-Rouge ou Caritas. Devant l’afflux de mineurs en provenance de Syrie et d’Afghanistan, le service public fédéral est débordé. Pour les prendre en charge, Fedasil fait de plus en plus d’appels d’offres ouverts au privé. Et ce marché, c’est plutôt une nouveauté dans le secteur de l’accueil des réfugiés.

Des investisseurs privés pour gérer des centres d’accueil pour jeunes réfugiés

Aujourd’hui, le monde financier s’y intéresse de plus en plus. Le pedigree des fondateurs de l’asbl « Les sept lieues » par exemple, ressemble plus à une carte de visite d’hommes d’affaires qu’à celle de bienfaiteurs désintéressés. Les deux sont passés par la Harvard Business School. Ils ont créé une société d’investissement. Et vendu notamment des supermarchés en Argentine. Ils possèdent aussi chez nous une Société Anonyme franco-belge baptisée « Le Carrosse ». Leur entreprise gère en Belgique une quinzaine de maisons d’accueil pour personnes handicapées mentales. Avec une prise en charge de nombreux patients originaires de la France qui, par manque de places, peut verser par exemple, 184 euros par jour pour la prise en charge d’un résident. De quoi largement rentrer dans ses frais.

70 euros par jour pour héberger un mineur étranger non accompagné

Chez nous, L’Etat belge offre moins pour héberger un mineur réfugié : 70 euros par jour. Encadrement social compris. Et ce montant, l’asbl « Les sept lieues » le négocie à la hausse pour ouvrir ses centres à Spa et Jalhay. Rentabilité oblige. Autre exemple: à Liège, la nouvelle asbl « Smartsocial » elle, a transformé ses bureaux en centre d’accueil pour jeunes réfugiés. Ses deux fondateurs sont issus d’une startup qui loue des apparts-hôtels branchés. Le premier est spécialisé en droit de la concurrence. Le second en gestion immobilière. Ces jeunes indépendants ont même opéré une levée de fonds pour lancer leur centre d’accueil. L’aide humanitaire devient un business comme les autres.

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