Le 4/01/2016 : marche «anniversaire» du Collectif EBOLA

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Un an d’occupation, un an de lutte : le combat pour les droits continue
_Une marche symbolique par tous les lieux de la lutte
_Les plus chères revendications des sans-papiers aux autorités
Le 4 janvier 2016, un an jour pour jour après le début de l’occupation du bâtiment situé Place Quételet à Saint-Josse-ten-noode, les membres du Collectif Ebola et de le Coordination des sans-papiers marcheront à travers Bruxelles pour réclamer le respect de leurs droits fondamentaux. Interdits de séjour mais dans l’impossibilité de retourner dans leur pays, seule une régularisation peut leur offrir la possibilité de mener une vie conforme à la dignité humaine. Aujourd’hui, les politiques migratoires sont inadaptées aux nouveaux contextes internationaux et largement dépassées par les événements. Le mythe de la répression, des retours forcés et d’un droit d’asile réduit à sa plus simple expression ne servent qu’à dissimuler le rejet inhumain et inacceptable que vivent quotidiennement 150.000 hommes, femmes et enfants sans papiers de Belgique, et tant d’autres qui sont en route ou bloqués aux portes de l’Europe. A travers cette marche, les membres du collectif adresseront à ceux qui voudront bien les écouter leurs meilleurs vœux, la liste de leurs griefs, quelques hommages ainsi que leurs plus chères revendications pour 2016. Des arrêts sont entre autres prévus au cabinet du secrétaire d’Etat Theo Francken (14h00), à l’Office des Etrangers (15h00) et à l’Eglise du Béguinage (16h00).
Anniversaire de l’occupation
Le 4 janvier 2015, un collectif composé de ressortissants issus des trois pays touchés par le virus Ebola, indignés par l’absence de considération des pouvoirs publics, déboutés de l’asile, sans protection aucune et dans l’incapacité de retourner dans leurs pays, décident d’occuper un bâtiment situé Place Quetelet, n°2 à Saint-Josse-ten-noode, pour réclamer le respect de leurs droits fondamentaux. Un an plus tard, leur situation n’a pas changé, que du contraire. Les autorités n’ont fait qu’intensifier l’exclusion et la criminalisation des personnes en séjour irrégulier, qui seraient environ 150.000 dans notre pays. Ensemble, ils formeraient la sixième ville de Belgique. Une ville fantôme hélas, absente de toutes les statistiques…
Une marche symbolique
Ce 4 janvier 2016, les membres du collectif organisent une marche de solidarité et de revendication à travers Bruxelles, qui les conduira par tous les lieux symboliques de leur combat pour les droits : la Maison communale de Saint-Josse qui les a accueilli sur son territoire ; le cabinet du Secrétaire d’Etat Theo Francken où ils ont manifesté pendant des mois, jusqu’à deux fois par semaine, en n’y récoltant que dédain, absence d’écoute et répression ; les services de l’Office des Etrangers et du Commissariat-Général aux Réfugiés et Apatrides, qui participent avec complaisance aux politiques restrictives et lacunaires, de plus en plus dépassées par les nouveaux contextes migratoires (environ 40% des réfugiés ne sont pas reconnus) ; enfin l’Eglise du Béguinage qui symbolise la solidarité du monde associatif et citoyen belge, dernier rempart contre la déshumanisation qui menace des dizaines de milliers de migrants cherchant refuge en Belgique. A chaque adresse, le Collectif adressera à ceux qui voudront les écouter leurs meilleurs vœux, la liste de leurs griefs et remerciements ainsi que leurs plus chères revendications.
Une lutte commune
Car il est nécessaire de rappeler l’essentiel, les personnes en séjour irrégulier, totalement privés de droits, exploités et sans ressources, ont quitté leur pays par nécessité et non par choix. Une même nécessité les amène à rester en Belgique malgré l’absence de reconnaissance : un retour est inenvisageable pour la majorité d’entre eux. Aucune politique de retours forcés ne changera cet état de fait.C’est pourquoi le Collectif Ebola a rejoint la Coordination des sans-papiers de Belgique, qui rassemble tous les collectifs de sans-papiers autour de revendications communes : la régularisation des sans-papiers, la fermeture des centres fermés, l’arrêt des expulsions, la liberté de circulation pour tous, le respect des droits fondamentaux et le respect et l’application des droits de l’enfant. Le collectif Ebola plaide en outre pour une procédure d’asile moins arbitraire, des initiatives pour pallier aux déficits de protection dans la loi (facteurs socio-économiques, environnementaux et sanitaires, risque réel en cas de retour) et l’octroi de statuts provisoires en cas de crises humanitaires, environnementales et/ou sanitaires.
A propos du Collectif Ebola
Le Collectif Ebola est composé de ressortissants en séjour irrégulier des trois pays touchés par la flambée de virus Ebola, la Guinée-Conakry, le Sierra Léone et le Libéria. Ayant pour la plupart fui leurs pays avant 2014, ils se sont constitués en collectif à l’heure où le virus s’est mis à décimer leurs familles. Déboutés de leur demande d’asile, dénié de toute protection durant l’épidémie, ils sont aujourd’hui privés de leurs droits les plus fondamentaux, à l’instar des 150.000 personnes en séjour irrégulier qui vivent en Belgique. Interdits de séjour mais dans l’impossibilité de retourner, ils réclament une régularisation de leur situation, afin de mener une vie conforme à la dignité humaine.Il s’agit de réfugiés politiques persécutés par les autorités de leurs pays, torturés et emprisonnés arbitrairement, parce qu’ils ont milité pour les droits de l’homme; il s’agit d’enfants qui ont porté les armes, honnis et rejetés par leur communauté, orphelins en proie à l’exploitation, la misère et la violence ; il s’agit de femmes jusqu’à trois fois excisées, qui ont fui le mariage forcé, la violence et la polygamie, menacées de mort par leurs familles ; il s’agit d’hommes et de femmes dont la vie est en danger en cas de retour, qui n’avaient d’autre choix que de fuir et n’ont d’autre option que de rester

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