La Pologne dit non aux gardes-frontières européens

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Sans attendre sa présentation officielle, mardi 15 décembre à Bruxelles, le chef de la diplomatie polonaise, Witold Waszczykowski, s’est opposé au projet de la Commission européenne d’une agence de gardes frontières commune censée gérer les frontières extérieures de l’espace Schengen. Interrogé dimanche par la radio RMF, M. Waszczykowski a qualifié l’initiative de « non démocratique. »

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« Cela signifie qu’une institution serait créée, qui déciderait de manière arbitraire de son action sans la participation des Etats membres, a déclaré M. Waszczykowski. C’est une des décisions contre lesquelles nous protesterons. Nous sommes contre la création d’institutions qui ne sont pas fondées sur une représentation européenne plus large. »

Le corps de gardes-côtes européens, pourrait être déployé, à l’issue d’une décision du conseil des ministres mais sans l’assentiment du pays concerné. Ce dispositif concernerait en premier lieu la Grèce, débordée par les arrivées de migrants depuis le début de l’année.

« Structure non démocratique »

Le projet a pour ambition de pallier les carences des Etats membres dans la gestion des flux migratoires. Mais c’est précisément son inspiration fédérale qui irrite Varsovie. « Le renforcement de Frontex, la création d’une garde aux frontières, serait utile et bénéfique. Mais la méthode proposée par la Commission, le fait que ce serait une espèce de structure indépendante des Etats membres, est assez étonnante », a ajouté le ministre, qui évoque « une structure non démocratique, subordonnée à on ne sait qui. »

Même avant l’arrivée au pouvoir de la droite populiste, Varsovie ne cachait pas son scepticisme face à ce genre d’initiative, et la précédente majorité libérale gardait une position ambiguë sur la question.

La préservation de l’espace Schengen, c’est-à-dire la libre circulation des citoyens européens d’un pays à l’autre du continent, n’en reste pas moins une priorité pour le gouvernement polonais. La proposition de la Commission est en revanche vivement soutenue par la France et l’Allemagne.

Jakub Iwaniuk (Varsovie, correspondance)

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