REVUE DE PRESSE CRISE DES REFUGIES (1/12/15)

12339183_502751609886731_2923415379932761707_o

Dimanche se tenait le sommet entre la Turquie et l’Union européenne sur la crise migratoire. Trois heures de discussions pour parvenir à un fonds de trois milliards d’euros à destination de la Turquie, alors que le dossier sur le processus d’adhésion du pays à l’UE est relancé. La presse française, perplexe, revient sur ce sommet mis en perspective par l’emprisonnement de deux journalistes d’opposition ainsi que par le net refroidissement des relations, déjà tendues, entre Ankara et Moscou.
Le Monde ouvre le bal des analyses face à la prise de position européenne en faveur d’Ankara. Le quotidien est catégorique : « la Turquie profite de la faiblesse européenne ». L’Europe, « désunie et velléitaire », fait face à un « partenaire difficile et imprévisible », qui n’en est pas moins un « acteur-clé d’une double crise qui en réalité n’en forme qu’une : celle du flux migratoire à destination de l’Union européenne (UE) et du chaos moyen-oriental ».

La Croix donne la parole à François Gemenne, chercheur en science politique au centre d’études de l’ethnicité et des migrations de l’université de Liège. Le politologue qualifie l’accord sur les migrants syriens de « marchandage sordide ». « La Turquie voulait de l’argent. […] L’Union européenne donne de l’argent aux pays voisins pour que ceux-ci prennent en charge eux-mêmes les réfugiés », explique-t-il.

Pourtant, selon l’analyse du Monde, « la Turquie, qui accueille déjà 2,2 millions de réfugiés syriens, ne multiplie pas les efforts pour les dissuader de prendre la mer ».

Le Figaro s’interroge, « les trois milliards à la Turquie suffiront-ils pour régler la crise des migrants ? » Une analyse qui sonne comme une piqure de rappel, « les migrants sont passés de l’actualité mais rien n’est réglé pour autant ». Or, si pour le quotidien « l’initiative de l’Europe consistant à verser une aide à la Turquie pour l’accueil des réfugiés va dans le bon sens », il s’étonne que « l’Allemagne persiste et signe dans sa volonté d’imposer des quotas d’accueil », fixés à « 500 000 personnes », pour un million d’arrivées en 2015.

Mû par les interrogations, Le Figaro pose la question de l’état d’avancement du processus d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne. En effet, « le dossier a été relancé ce week-end à l’issue d’un sommet turco-européen sur la crise des migrants », à la demande d’Ankara. Il convient de rappeler que « la question chypriote bloque à elle seule huit chapitres » de négociations. C’est-à-dire que « la Turquie refuse d’intégrer Chypre à l’union douanière, alors qu’elle occupe la moitié nord de l’île depuis 1974 ».

Une fois l’accord de financement sur l’accueil de réfugiés mis de côté, les causes de fractures entre l’Union et la Turquie semblent se multiplier. Un autre clivage est en effet réapparu vendredi dernier, lorsque deux journalistes d’opposition turcs ont été écroués pour « terrorisme » [Challenges]. Accusés « de livraisons d’armes de la Turquie aux rebelles islamistes syriens », ils ont tous deux fait appel dès lundi. L’Humanité publie une « lettre ouverte de l’intersyndicale journaliste adressée ce jour à l’ambassadeur de Turquie en France ».

Un dernier élément vient ternir le tableau de l’indispensable allié turc, les relations pour le moins houleuses qu’Ankara entretient avec la Russie.

Ainsi, « après la destruction d’un bombardier russe SU-24 par les avions de chasse turcs, le 24 novembre, la Russie hausse le ton en adoptant des sanctions économiques contre la Turquie », explique Courrier international. L’embargo « sera limité aux fruits et légumes, mais pourra être élargi, ces premières mesures de rétorsions ne constituant qu’un ‘premier pas’, ont indiqué lundi des responsables gouvernementaux russes », précise Libération.

Or, d’après le journal, la relation russo-turque ne semble pas prendre la direction de l’apaisement, « Vladimir Poutine a refusé de rencontrer lundi à Paris Recep Tayyip Erdogan malgré l’insistance du président turc » [Libération / AFP].

Pour marque-pages : permalien.

Les commentaires sont fermés.