Plus de 500 personnes tiennent le pavé aux côtés des migrant-e-s malgré l’état d’urgence

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Sarah Macna

Malgré l’interdiction de la manifestation par la préfecture, un rassemblement s’est tenu place de la Bastille, en solidarité avec les migrant-e-s, pour l’ouverture des frontières, mais aussi, du fait de la politique menée par le gouvernement depuis les attentats du 13 novembre, contre la guerre menée en Syrie et contre l’état d’urgence.

Rompant l’état d’urgence, ce sont donc plus de 500 personnes qui se sont rassemblées devant l’Opéra Bastille pour donner de la voix contre la politique répressive et xénophobe du gouvernement à l’égard des migrant-e-s. Dans l’assemblée regroupée autour d’une banderole « Contre la guerre, notre union est internationale ! Solidarité avec les réfugiés ! » se sont retrouvé-e-s des militant-e-s du NPA et du mouvement de solidarité avec les migrant-e-s et les sans-papiers, des militant-e-s d’Ensemble, de Sud Education, de l’Union Juive Française pour la Paix, de la Coordination des Sans-Papiers 75, du PCOF, du DAL, de la Coordination des Groupes Anarchistes ou encore de la CGT. Des militants de Solidaires Etudiant-e-s brandissaient quant à eux des affichettes « Ouverture des frontières ! Levée de l’état d’urgence ! ».

C’est aux cris de « Au Nord ils expulsent, au Sud ils bombardent, on n’en veut pas de ce monde là ! », « Daesh et Assad, Hollande et Obama : assassins du peuple syrien ! » ou encore « Notre état d’urgence c’est la résistance, contre les expulsions et les patrons ! » que le rassemblement s’est maintenu, la police ayant déclaré qu’il serait « toléré » jusqu’à 16h30. Comme l’a dit un camarade sur place : il faudrait leur répondre que c’est nous qui les « tolérons » ici ! Car comment croire une minute que l’interdiction de manifestation soit motivée par un risque d’attentats quand les centres commerciaux, gares et cinémas sont ouverts ? Bien loin d’être là pour notre protection, les CRS qui encadraient le rassemblement ne visaient qu’une chose : faire taire et rendre invisible tout mouvement qui contesterait la politique guerrière, xénophobe et liberticide du gouvernement.

« Etat d’urgence = Etat policier ! On nous enlèvera pas le droit de manifester ! »
Après une heure de rassemblement, une partie des présent-e-s est partie en manifestation aux cris de « So, so, solidarité, avec les réfugiés », sur le trajet prévu originellement pour la manifestation, vers la place de la République. Très vite poursuivis par les CRS qui n’ont pas hésité à sortir quelques matraques, ce cortège improvisé a néanmoins pu poursuivre sa route jusqu’à République, sans qu’il n’y ait d’arrestation. Les CRS ont-ils reculé et laissé se tenir le rassemblement et cette petite manifestation du fait du soutien adressé par Noël Mamère et les autres députés ayant refusé de voter l’état d’urgence ? Le gouvernement craint-il qu’en réprimant les manifestant-e-s le soutien à sa politique ne s’effrite ?

Quoi qu’il en soit, la réussite de cette petite échéance de rue, la première à Paris depuis la mise en place de l’état d’urgence, prouve qu’il est possible et nécessaire de commencer à résister à ces attaques liberticides, et elle ne doit être que le début, le premier pas, vers un mouvement plus large contre le silence que le gouvernement cherche à nous imposer, et contre la guerre qu’il mène en notre nom. Pour cela, en attendant les prochaines manifestations de rue, un autre point d’appui pour se regrouper pourrait être le prochain meeting du NPA, mardi 24 novembre, qui a ouvert son micro à deux autres organisations, Lutte Ouvrière et Alternative Libertaire, pour commencer à construire consciemment le regroupement, pour l’instant à petite échelle, de toutes celles et tous ceux qui refusent cet état de guerre permanente que le gouvernement cherche à lancer contre tous nos camarades de France ou d’ailleurs.

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