Amnesty dénonce la stratégie de l’Europe à l’égard des réfugiés

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Face à l’afflux de migrants aux portes du Vieux Continent, « le choix de l’Union européenne d’ériger des barbelés et de faire filtrer les entrées par des pays voisins, comme la Turquie et le Maroc, met les réfugiés en danger, quand il ne leur coûte pas la vie », déplore Amnesty International. L’ONG appelle l’Europe, dans un rapport publié mardi, à « en faire beaucoup plus pour résoudre la crise mondiale des réfugiés ».

Plus de 235 kilomètres de clôtures ont été érigées le long de certaines frontières extérieures de l’Union – ce qui représente un coût de plus de 175 millions d’euros -, notamment entre la Hongrie et la Serbie, la Bulgarie et la Turquie, les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla et le Maroc, et dans la région de l’Évros, en Grèce, longeant la frontière avec la Turquie. « La construction de ces clôtures a banalisé les violations des droits humains », dénonce John Dalhuisen, directeur du programme Europe et Asie centrale d’Amnesty International.

Des personnes ayant tenté de franchir les frontières terrestres grecque, bulgare et espagnole ont dit à Amnesty avoir été illégalement renvoyées de force par la police des frontières sans avoir eu accès aux procédures d’asile et sans avoir pu contester leur renvoi, ce qui est une violation du droit international. D’autant plus que « ces renvois forcés illégaux s’accompagnent souvent d’actes de violence et mettent en danger la vie de ces gens », poursuit l’ONG, qui dénonce également la stratégie de l’Union européenne qui consiste à faire filtrer les entrées par des pays voisins, comme la Turquie et le Maroc.

« L’UE ne doit pas confier ses basses besognes à des États qui ne peuvent ou ne veulent pas respecter les droits des réfugiés et des migrants », souligne encore John Dalhuisen. Pour répondre à la crise mondiale des réfugiés « qui est loin d’être une menace à l’existence de l’Europe », Amnesty recommande notamment d' »ouvrir des itinéraires sûrs et légaux, mettre fin aux renvois forcés illégaux et autres violations des droits humains, augmenter la capacité d’accueil et l’assistance humanitaire à court terme dans les pays européens se trouvant en première ligne et accélérer et étendre la mise en œuvre du programme de relocalisation pour les demandeurs d’asile ».

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