Calais contrainte d’améliorer les conditions de vie des réfugiés de « la jungle »

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A Calais, la préfecture a été condamnée lundi à adopter d’ici huit jours, et sous peine d’astreinte, une série de mesures pour améliorer la salubrité de ce qu’on appelle la « jungle ».

La jungle, c’est ce bidonville où vivent dans des conditions déplorables 6000 réfugiés qui espèrent pouvoir rejoindre la Grande-Bretagne alors que la frontière est fermée. Ce jugement, c’est la réponse du tribunal de Lille à la plainte en référé déposée la semaine dernière par plusieurs réfugiés et deux grandes ONG : Médecins du Monde et le Secours Catholique.

Les plaignants affirmaient que plusieurs droits fondamentaux, le droit au respect de la vie, le droit à la dignité humaine, le droit d’asile sont bafoués à Calais. Le tribunal les a, en grande partie, entendus et constate qu’il porte une atteinte grave et manifestement illégale au droit de ne pas subir des traitements inhumains et dégradants. Il ordonne à la Ville et à la préfecture l’installation de dix points d’eau supplémentaires et de 50 toilettes.

Le camp devra aussi être nettoyé et les accès de services d’urgence facilités. Il faudrait aussi d’ici 48h recenser les mineurs non-accompagnés pour organiser leur prise en charge.

La préfecture de Calais n’a pas encore réagi à ce jugement. Les ONG sont satisfaites, si ce n’est qu’elles demandaient aussi le renforcement des équipes médicales.

Cette décision est assortie d’une astreinte toute symbolique : 100 euros par jour. C’est cependant un jugement emblématique : il consacre qu’un pouvoir public ne peut pas laisser ses administrés, même s’ils sont réfugiés ou migrants, sans une protection minimale.

De son côté le gouvernement français affirme qu’il agit à Calais, mais « pas à pas ». C’est cette lenteur sur le volet humanitaire qui avait exaspéré les ONG, alors que Paris et Londres renforcent leur coopération policière à Calais, et notamment leur lutte contre les réseaux de passeurs. « Plus aucun migrant n’a passé la frontière depuis une semaine », s’est félicité le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve.

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