Crise des réfugiés – Slovénie: les étudiants bloquent la loi de militarisation

2015-10-26-goran-jankovic-47845

A Ljubljana, capitale de la Slovénie, une association d’étudiants a recouru à une procédure démocratique afin de contrer la décision du régime de militariser la politique envers les réfugiés. Le gouvernement avait fait adopter une mesure permettant à l’armée de prendre en charge des taches de police, et ce sans sans la présence de policiers.

Les étudiants de Radio Študent ont lancé une demande de référendum qui reportera de facto l’application des amendements à la Loi sur la défense, de plusieurs semaines ou peut-être même plusieurs mois, alors qu’ils devaient entrer en vigueur mercredi. Les étudiants ont soumis une pétition de 3.000 signataires opposés aux amendements de la loi, ce qui constitue la première étape du processus référendaire, selon la loi sur les référendums d’initiative populaire. Les étudiants disposeront ensuite de 35 jours pour récolter 40.000 signatures – vérifiées – sur base de quoi un référendum devra être organisé. Cette période suspend les amendements de la loi.

Sur le plan politique, les amendements en question avaient été votés par tous les partis du parlement à l’exception de Gauche Unie (Združena levica, ZL). Un responsable du parti au pouvoir, le Stranka modernega centra (SMC), a qualifié l’action des étudiants de non-patriotique et d’irresponsable, alors qu’un responsable du Slovenska demokratska stranka (DS, démocrates) l’a considérée comme destructive.

La Slovénie a dépêché aux frontières plusieurs centaines de militaires, mais ces derniers ne peuvent enregistrer les réfugiés ni prendre en charge, seuls, certaines taches réservées à la police. Selon le gouvernement et les partis qui ont voté les amendements, il s’agissait de venir en aide à la police. Les étudiants ont quant à eux lancé leur action pour s’opposer à ce qu’ils considèrent comme une militarisation de la Slovénie. Les pétitionnaires considèrent qu’il s’agit d’une mesure qui manque d’humanité face à des personnes qui cherchent la sécurité ou la protection. Ils critiquent aussi des réactions et projets qui affleurent dans les médias et l’air du temps, comme la volonté de bloquer les personnes derrières des grilles de fer, de les présenter comme des parasites, des membres d’une cinquième colonne, et tous les autres préjugés habituellement associés aux réfugiés et migrants. Ils considèrent en outre que les amendements modifient de manière importante le droit slovène et que cela banalisera la présence de l’armée dans la société tout entière. Ils considèrent que c’est une erreur de percevoir les réfugiés sous l’angle de la menace, sous un angle sécuritaire et en voulant recourir à l’armée. Selon eux, la crise est humanitaire et non sécuritaire. Selon eux, l’armée ne serait pas une solution, mais un problème.

La question posée au référendum d’initiative populaire devrait être, en substance: êtes-vous en faveur de la modification de la Loi sur la défense, telle qu’adoptée à l’Assemblée nationale en date du 21 octobre 2015?

Dragan Grcic,
30 octobre 2015

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