La solitude menace des centaines de réfugiés adolescents

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Les mineurs d’âge non accompagnés sont de plus en plus nombreux et de plus en plus jeunes. Des demandeurs d’asile sans parents ou proches ont quelquefois douze-treize ans.

Des associations et des autorités telle que l’office des Etrangers estiment à quatre à cinq cents le nombre de jeunes arrivants dans les trois prochains mois, presque autant que l’année passée (1732).

Les places dans les centres spécialisés viennent à manquer. Pour un accueil qui honore les obligations politiques et morales de la Belgique, 120 places devraient être créées chaque mois: « Sans quoi, affirme Katja Fournier, représentante de la plate-forme « Mineurs en exil », ces mineurs d’âge seront dans la rue et risqueront d’être approchés par des trafiquants, des abuseurs, des exploiteurs. Comme ils l’auront été sur la route de l’exil. »

Il revient en effet à cette plate-forme composée de 38 organisations francophones et néerlandophones, des témoignages glaçants, d’abus économique et sexuel, tant des jeunes filles que des jeunes garçons.

« Sur la route, si un groupe se forme, comme c’est naturel, il ne reste pas soudé plus d’une semaine. » Les passeurs brisent en effet ces groupes afin d’éviter qu’une solidarité conduise à une forme de rébellion.

Du coup, après plusieurs semaines de cheminement, ces adolescents non accompagnés perçoivent différemment le monde des adultes.

Il n’est pas recommandé de les mélanger, ici en Belgique, avec des demandeurs d’asile matures. « Cela s’est déjà produit dans le passé. Et chaque semaine, un adolescent tentait de se suicider », poursuit Katja Fournier.

Par conséquent, une structure d’accueil et un encadrement spécifiques (médecins, psychologues, interprètes), atténueront le choc d’une période de vie très chahutée: « ces mineurs d’âge sont poli-traumatisés ».

1800 réponses à l’appel flamand

Encore faut-il faire comprendre à ces adolescents venus d’Afghanistan, de Syrie, d’Irak, de Somalie, de Guinée, l’éclatement des compétences de l’Etat belge. Au fédéral, la politique de l’asile et de l’accueil, aux entités fédérées l’aide spécialisée à la jeunesse et l’enseignement.

A cet égard, la région flamande, ayant dégagé un budget, a récemment reçu 1800 réponses à l’appel lancé à des familles candidates à accueillir ultérieurement un mineur d’âge esseulé. Des associations spécialisées ont introduit des projets pour l’indispensable accompagnement de ces familles d’accueil.

Et du côté francophone? « Nous attendons et espérons un plan d’action autour de familles d’accueil, avec un mécanisme de sélection, de soutien et de contrôle », précise la représentante de « plate-forme Mineurs en exil », appuyée par Emmanuelle Delplace, directrice de la Ligue des droits de l’homme.

Au fond, qui et que pousse ces adolescents sur cette route de l’exil en solitaire? « Quelques uns ont perdu leurs parents en chemin. D’autres ont été invités à l’exil par leurs propres parents. Parce que dans leur pays, il n’y a pas d’avenir, pas de sécurité, parce qu’ils sont persécutés. » Et que l’espoir se dresse peut-être à la sortie du prochain virage.

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