L’Europe face à la crise des réfugiés: zizanie et indécisions

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Les départs de migrants et de réfugiés de la Turquie vers l’Europe s’accélèrent à l’approche de l’hiver. A l’extrémité nord de la route des Balkans, la Slovénie se dit débordée par l’arrivée de milliers de personnes ces derniers jours. Les autorités locales appellent l’Union Européenne à l’aide. Le président de la Commission Jean-Claude Juncker a convoqué pour ce dimanche une réunion avec tous les pays de la région. Il faut bien dire que les Européens restent divisés sur la gestion de cette crise.

La Slovénie assure que près de 20 000 migrants sont entrés sur son territoire depuis samedi. Face à cet afflux, le gouvernement de Ljubljana critique l’attitude de ses voisins : il accuse les Autrichiens de limiter les entrées de migrants ; il reproche aux croates d’envoyer sans coordination des dizaines de cars et de trains à sa frontière. Les Croates, comme les Serbes, sont eux-mêmes sous pression depuis que la Hongrie a clôturé ses frontières.

De toute évidence, une plus grande coopération est nécessaire dans la région. C’est ce que dira dimanche à Bruxelles le président de la Commission Jean-Claude Juncker à tous les dirigeants du sud-est de l’Europe.

La Commission surveille par ailleurs attentivement la mise en œuvre des plans de répartition des réfugiés au sein de l’Union Européenne. A peine lancé, le système serait déjà menacé. Selon une source européenne, seuls 6 Etats-membres ont clairement notifié leurs capacités d’accueil. Les autres ont jusqu’à la fin du mois pour se mettre en ordre.

Vendredi dernier, lors de la toute première relocation, 19 demandeurs d’asile ont quitté Rome pour la Suède. Aujourd’hui, 49 autres devaient rejoindre eux aussi la Suède et 19 la Finlande. Des débuts lents et laborieux. En deux ans, ce sont 160 000 réfugiés arrivés en Grèce et en Italie que les Etats-membres se sont engagés à accueillir.

Les Etats-membres sont également priés de tenir leurs promesses financières. Depuis le sommet européen du 23 septembre, les Etats-membres ont versé environ 474 millions d’euros sur des engagements totaux de 2,8 milliards d’euros.

Ce mardi, une responsable des Nations Unies s’est montrée particulièrement sévère avec les Européens. « C’est plutôt frustrant à observer pour nous car nous gérons ce genre de situations partout dans le monde d’une façon plutôt efficace et dans des contextes désastreux » d’un point de vue humanitaire, a indiqué Irena Vojackova-Sollorano, coordinatrice de l’ONU en Serbie. « Or là, il n’y a pas de contexte désastreux mais une situation d’indécision désastreuse », a-t-elle estimé.

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