Bilan médical au parc Maximilien : une mauvaise météo et des conditions de vie qui se dégradent

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Depuis un mois, Médecins du Monde prodigue des soins médicaux aux réfugiés dans le parc Maximilien. D’après le bilan médical établi aujourd’hui par l’organisation, les conditions météorologiques et les conditions de vie précaires semblent avoir un impact de plus en plus important sur les occupants du camp. L’organisation appelle à la mise en place d’un plan d’accueil à part entière et à une accélération de la procédure d’enregistrement.
Ce qui n’était au départ que des consultations individuelles dans le Médibus est devenu en quelques semaines un dispensaire où une équipe de 250 personnes dispensent des soins en permanence. Depuis le 5 septembre, les médecins, infirmières et psychologues bénévoles ont mené plus de 2 500 consultations, soit 175 par jour.

L’analyse des chiffres met en évidence l’impact de la dégradation continue des conditions de vie dans le camp. « À cause de la météo qui empire, des mauvaises conditions d’hygiène et des abris inadéquats, 39% des patients souffrent aujourd’hui de problèmes des voies respiratoires. Nous constatons aussi une augmentation du nombre d’infections gastro-intestinales, qui témoignent aussi des conditions de vie et d’hygiène précaires », explique Pierre Verbeeren, directeur de Médecins du Monde.

Médecins du Monde continue à souligner l’importance d’une solution structurelle. « Nous resterons ici aussi longtemps que notre présence sera nécessaire. Mais un dispensaire et un plan d’urgence sanitaire ne peuvent être que des solutions temporaires. Nous sommes ici depuis déjà un mois. Cette situation ne peut plus durer. »

Quant aux solutions à apporter, Médecins du Monde répète son message : « Malgré les 500 places ouvertes, la capacité d’accueil reste insuffisante. Médecins du Monde estime qu’il y a encore environ 700 personnes dans le camp. Nous demandons la mise en œuvre d’un plan qui assure à chacun un accueil de qualité et qu’une procédure d’enregistrement accélérée soit mise en place. Ce qui est fait à Munich et aux Pays-Bas, la Belgique n’en serait-elle pas capable ? » s’interroge Pierre Verbeeren.

En ce qui concerne les nationalités, les patients reçus semblent largement représenter la composition du camp : « Près de 70% de nos patients proviennent de Syrie et d’Irak. Les femmes sont quant à elles sous-représentées, puisqu’elles ne constituent que 10% de nos patients. Cela s’explique par leur réticence à venir nous voir. C’est pourquoi nos équipes se rendent une à deux fois par jours auprès des tentes où se trouvent les familles. »

En plus des infections des voies respiratoires, les maladies de la peau, les symptômes musculaires, les maladies gastro-intestinales et les problèmes dentaires sont les diagnostics les plus fréquents. Devant le grand nombre de troubles mentaux constatés, une permanence psychologique a été mise en place. Les psychologues y reçoivent quotidiennement entre trois et six personnes, dont 95% viennent de Syrie et d’Irak. Les plaintes les plus courantes – anxiété, insomnie, dépression – correspondent à des troubles de stress post-traumatique (PTSD). « Pendant les consultations, les histoires les plus courantes évoquent la perte de proches, la guerre, la violence, la traversée en bateau ou l’inquiétude pour la famille qui est restée en arrière ou qui a disparu », explique Pierre Verbeeren.

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