Nouvelles graves agressions racistes à Tanger

Dans la nuit de vendredi 29 au samedi 30 Août 2014, de nouveaux incidents meurtriers se sont produits au quartier Boukhalef, à Tanger, au cours desquels des migrants subsahariens ont été victimes d’attaques meurtrières de la part de ressortissants marocains.
Informée vers 23 H00, une délégation de l’Organisation Démocratique des Travailleurs immigrés (ODTI), se trouvant à Tanger dans le cadre d’une activité interculturelle, s’est rendue le matin sur les lieux des événements, pour s’enquérir de la situation et informer la plate-forme des associations et communautés des migrants subsahariens, ainsi que la hiérarchie institutionnelle des droits de l’homme, en l’occurrence le CNDH.
Après la descente sur les lieux, il ressort ce qui suit : tout a commencé vers 22 H00, le vendredi 29 Août 2014, lorsque des migrants se sont vus assiégés par un groupe de voyous munis de machettes et de couteaux, comme d’habitude, qui les ont attaqués au motif qu’ils doivent quitter leur pays, car ils sont devenus indésirables. Voulant riposter pour se protéger, les migrants ont subi la pression de ces Marocains. Sans défense, ces migrants ont été molestés copieusement et le bilan fait état de :
a) un mort de nationalité sénégalaise, répondant au nom de CHARLES ALPHONSE NDOUR, qui a été poignardé et est mort sur place. Voulant s’emparer du corps, les Sénégalais présents ont dû résister à leurs bourreaux marocains, jusqu’à ce que le corps soit transporté à l’hôpital MOHAMED V de Tanger, où il est gardé à la morgue ;
-Les migrants interrogés nous ont fait part de la mort de trois autres migrants (un Camerounais et deux Guinéens) mais dont les corps ont été emportés par les Marocains. La délégation de l’ODT-Travailleurs immigrés a cherché à connaitre les noms de ces trois autres migrants décédés, mais aucune information claire ne lui a été fournie. Aussitôt en possession de ces noms et des indices de leur mort, nous vous tiendrons informés ;
b) plusieurs blessés graves et légers ont été aussi enregistrés, notamment :
– un Sénégalais, du nom de ABDOU NIANG, dont la jambe est fracturée, qui a été jeté du 2ème niveau de l’immeuble où il habitait avec celui qui a été poignardé. Il est admis à l’hôpital MOHAMED V, avec un Ivoirien répondant au nom de KANTE ADAMA, qui a reçu un coup de machette fatal sur le crâne, et qui se trouvait dans un état d’agonie quand il est arrivé à l’hôpital, selon les dires du médecin JAA, membre de l’ODT-Santé à Tanger, qui l’a accueilli à son arrivée à l’hôpital ;
c) neuf autres cas de blessés signalés par les migrants se trouvent incarcérés au commissariat central de police, sans soins médicaux depuis ;
d) plusieurs autres blessés sont comptés parmi les migrants qui ont tenté de manifester cet après-midi, de Boukhalef au centre-ville, pour réclamer, selon leurs dires, la libération de leurs frères blessés et incarcérés, pour dénoncer la passivité de la police et la lenteur avec laquelle elle intervient. Par contre, ils se sont vus dispersés à coup de matraque, bâtons et eau chaude en lieu et place de sécurisation.
Trois blessés, l’un à la tête, l’autre à l’avant-bras, et un autre à la jambe, ont été acheminés rapidement à l’hôpital MOHAMED V par la délégation de l’ODT-Travailleurs immigrés, descendue sur le lieu de la marche de protestation. Il s’agit de IBRAHIM WADE, un citoyen sénégalais, DABO ALOU, un Malien, et DIALLO, de nationalité guinéenne. Ils ont tous reçu les premiers soins et quelques anti-inflammatoires.
Après l’hôpital, la délégation s’est rendue à Boukhalef, pour palper du doigt la réalité des incidents et a constaté que tous les effets (matelas, draps, assiettes et autres) des migrants qui passaient la nuit à la belle étoile, ont été brulés. La situation reste tendue, malgré un calme précaire.

Ce soir, quelques migrants ont pu regagner Boukhalef, en attendant leur sécurisation et prise en charge, car ils n’ont pas où aller.
L’ODT-Travailleurs immigrés entend poursuivre son investigation dans la mesure du possible et demande l’apport du Conseil National des Droits de l’Homme et de l’ensemble de la plate-forme des associations et communautés des migrants subsahariens au Maroc, pour que la lumière soit faite, afin de dénicher les mobile et origine de tous ces incidents, qui succèdent à ceux du 15 et 16 Août dernier, qui sont encore dans les mémoires.

Cette barbarie d’habitants et de voyous de Boukhalef se passe dans l’indifférence totale des autorités marocaines, et également des représentations diplomatiques africaines.
Nous condamnons avec fermeté ces comportements xénophobes et racistes, de ressortissants marocains du quartier Boukhalef de Tanger, et demandons aux autorités de cette ville de diligenter une enquêtes enfin que les parts de responsabilité soient établies, et que les auteurs répondent de leurs actes.
Nous demandons également la libération de tous les manifestants.
Il est à signaler qu’à Tanger règne un groupe d’extrémistes, baptisé « Syndicat des Racistes », c’est ce groupe qui finance les voyous du quartier pour qu’ils s’attaquent aux Noirs, nous rapportent nos missionnaires dépêchés à Tanger.

La plate-forme des associations et communautés subsahariennes du Maroc a pris les dispositions suivantes :
-une manifestation pacifique est prévue le mardi 02/09.14 à 10h, devant sept ambassades, à savoir : Cameroun, Sénégal, Guinée, Cote d’ivoire, Nigéria, Mali plus la Mauritanie (présidence en exercice de l’Union Africaine)
-un sit-in est prévu devant le siège des Nations-unies et de la Délégation de l’Union Européenne. Nous demandons à toutes les organisations de défense des migrants de nous soutenir dans cette action

Camara Laye
Coordinateur Conseil des Migrants Subsahariens au Maroc
Tél: 00212533425345 212615664018
skype:laye.camara813

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