Les propos choc de Bart De Wever sur les migrants: « On dit qu’ils fuient les bombes. Désolé, mais c’est faux »

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Le patron de la N-VA a tenu des propos choc sur les migrants lors d’une conférence qui s’est tenue mardi matin à l’Université de Gand. Un discours qui n’est pas du tout partagé par des experts en migration. Bart De Wever en a profité pour avancer des propositions quant à l’accès au système de sécurité sociale.

Bart De Wever a profité d’une conférence à l’Université de Gand, ouvrant l’année académique du collège des sciences politiques, pour critiquer vertement la gestion allemande de la crise des migrants. « Au moment où de nombreux réfugiés veulent quitter le Moyen-Orient, juste à ce moment-là, Mutti Merkel dit ‘Herzlich wilkommen' », relève-t-il. « Si vous dites ça, vous invitez le monde entier chez vous. Je suis pessimiste sur ce que cela va donner en Allemagne. »

Pour lui, les réfugiés qui arrivent en Europe sont essentiellement de type économique. « Réfugié de guerre, vous l’êtes si vous fuyez un territoire en conflit. Si vous déambulez pendant des milliers de kilomètres, vous n’êtes plus à la recherche de la sécurité, mais d’une meilleure vie (…) Si vous leur demandez ce qui les amène ici, c’est la qualité de l’accueil, les procédures claires et la forte chance d’obtenir une reconnaissance. »

Des arguments semblables déjà démentis

François De Smet, directeur du centre fédéral migration Myria, avait tenu des propos très différents concernant les migrants lors de l’émission spéciale du 8 septembre sur RTL-TVI. « Les gens qui arrivent sont plutôt du côté des victimes, notamment de Bachar al-Assad et aussi de l’État islamique, des victimes de l’islam radical (…) », avait-il confié.

Dans un article écrit à propos des idées reçues circulant à propos des demandeurs d’asile, notre journaliste Antonio Solimando avait déjà démonté les arguments semblables à ceux utilisés par Bart De Wever à l’université de Gand. « L’accélération des demandes d’asile des derniers mois de la part des Syriens est due à l’évolution du conflit sur place : la progression et barbarie des terroristes de l’Etat islamique, notamment, expliquait notre journaliste. Et Didier Leroy, professeur à l’école royale militaire et à l’ULB, de confirmer: « C’est le conflit, je pense, le plus létal depuis la seconde guerre mondiale en termes d’ampleur de crise humanitaire notamment. De nombreux jeunes hommes qui étaient prêts à se battre le sont probablement de moins en moins, tellement il y a eu de morts, au sein de leur famille ».

De Wever veut adapter la Convention de Genève

Bart De Wever estime qu’il faudrait lancer une réflexion sur une adaptation de la Convention de Genève, dont des protocoles additionnels garantissent la protection des victimes des conflits armés, a-t-il également déclaré mardi. « La Convention garantit un même accès à la sécurité sociale que celui qui vaut pour les propres ressortissants » du pays d’accueil, a-t-il expliqué. « Mais la sécurité sociale de 1951 n’est pas comparable à l’actuelle. Certains pays ont développé un système de sécurité sociale très généreux et ouvert, et la Convention offre aujourd’hui une porte d’entrée aux réfugiés qui viennent l’intégrer. »

Selon le président de la N-VA, il faut à nouveau faire une distinction claire entre les droits de l’homme et les droits civils. « Nous devons réfléchir à un statut qui permet d’acquérir un droit après l’autre. » La première proposition en ce sens est celle touchant aux allocations familiales, qui ne devraient être versées intégralement qu’après un séjour légal de 4 ans sur le territoire belge. En outre, le regroupement familial devrait aussi être couplé au fait d’avoir un emploi et un logement. Pour réduire davantage l’effet d’attraction de notre pays, le droit de séjour devrait par ailleurs être limité dans le temps.

La zone Schengen « cliniquement morte »

Bart De Wever a également estimé que la zone Schengen était désormais cliniquement morte. « Pour la ramener à la vie, il faut fermer les frontières extérieures. Il faut créer des guichets d’entrée (hotspots) au départ desquels serait organisée la répartition des réfugiés au sein de l’Europe. » Les Règlements de Dublin, qui stipulent qu’un réfugié doit être enregistré dans le premier pays Schengen sur le territoire sur lequel il pénètre, devraient aussi être strictement appliqués. « Les personnes qui arrivent à Bruxelles, il faut les ramener vers les frontières extérieures. Si vous ne le faites pas, elles continueront à venir. »

« L’Europe va changer, qu’on le veuille ou non », a insisté Bart De Wever. « Nous pouvons absorber ce changement si nous le gérons avec sagesse. Nous devons nous concentrer sur notre civilisation culturelle, sur la primauté du droit et de la démocratie. »

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