Les raisons de la « crise » de l’acceuil des réfugiés

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Les médias ne parlent plus que de réfugiés, de leur présence sur nos côtes, dans nos villes et de comment nous allons pouvoir les accueillir. Et passent trop souvent sous silence les raisons de cette crise, dans lesquelles les pays européens ont malheureusement de lourdes responsabilités.

Rappelons notamment que sur les 20 millions de syriens qui vivent dans un pays en guerre, 7 millions ont aujourd’hui quitté leur pays, et c’est dans les pays limitrophes que la grande majorité a trouvé refuge (1,9 millions en Turquie, 1,2 millions en Liban, 600 000 en Jordanie). Et sur les 200 000 syriens en Europe, moins de 6 000 sont en Belgique… Pourquoi ne parler que de ce qui se passe ici, quand il est indispensable de le lier à ce qui se passe dans le reste du monde ?

C’est pourquoi il nous semble indispensable de discuter le double rôle des pays de l’Union Européenne dans la mise en place de cette « crise des migrants ». En effet, que ce soit dans la gestion des arrivées de migrant, avec la construction d’une Europe forteresse ou dans les causes des départs et plus particulièrement dans les conflits politiques en Syrie et au Moyen Orient, les choix politiques européens des dernières dizaines d’années ont aujourd’hui de sérieuses répercussions.

Notre Actu Attac se focalisera sur ces deux aspects de la responsabilité européenne dans les migrations actuelles.

En guide d’introduction, Caroline Intrand, directrice du CIRE, re-positionnera cette « crise » actuelle des migrants/réfugiés comme l’amplification d’un phénomène vieux d’au moins 15 ans. Celui-ci est la résultante d’une politique européenne de gestion des migrations qui repose sur la fermeture des frontières, la répression et la distinction entre les bons réfugiés et les mauvais migrants. Même si aujourd’hui la notion de « réfugié » semble retrouver un peu de résonance positive (et ceci probablement à des fins utilitaristes) cela n’a pas été le cas ces dernières années et le droit d’asile a été extrêmement malmené par les politiques répressives. Contrôler les frontières européennes a consisté à construire des barrières en amont, dans les pays d’origine et de transit des migrants, que l’on entend encore renforcer aujourd’hui en mettant en place des dispositifs « guerrier » pour dissuader et surveiller les frontières physiques, trier sur place, détenir et expulser les indésirables. Tout cela s’est mis en place à la faveur d’une vision utilitariste des migrations et du développement d’un marché juteux de la répression.

Dans un deuxième temps, Rabab Khairy, responsable Moyen Orient, CNCD, nous présentera les relations entre l’Europe/la Belgique et le Moyen Orient/Syrie d’un point de vue économique, diplomatique et militaire qui ont contribué à la situation actuelle, en insistant sur deux pays : la Belgique et la Syrie. Elle reviendra sur les perspectives à moyen terme et court terme ainsi que sur les actions proposées jusqu’ici au niveau international et questionnera l’impact que ces actions peuvent avoir.

La situation dramatique des réfugiés du Moyen-Orient ne peut pas devenir un outil des politiques de l’austérité. Il nous revient de montrer en quoi ce phénomène n’est pas sorti de nulle part, et de rappeler les décisions gouvernementales et diplomatiques qui ont contribué à construire cette situation de crise. Venez débattre avec nous mardi 22 septembre à 19h30 à l’Horloge du Sud, et construisons une autre parole que celle du misérabilisme et du déni de responsabilité.

mardi 22 septembre 2015
19h30
à L’Horloge du Sud
141, rue du Trône • 1050 Bruxelles
(croisement de la chaussée de Wavre, à proximité de la station de métro Trône)

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