« Salauds de pauvres ! »

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C’était donc plus fort que lui…

Après avoir fustigé pendant toute une législature le laxisme du gouvernement fédéral ( celui d’Elio Di Rupo, Didier Reynders et Maggie De Block) en matière de migration depuis les bancs de l’opposition, après avoir reçu de son président le portefeuille de l’ Asile et Migration pour mettre en œuvre les mesures restrictives du programme de gouvernement largement inspiré par les nationalistes, après avoir fermé des centres d’accueil, après avoir dû en rouvrir juste après, après avoir forcé la main de communes pour accueillir des réfugiés, après avoir essuyé les sarcasmes dans son propre parti où on se demandait presque si Francken n’était pas le nouvel abbé Pierre, il a fini par craquer ! Tous ces migrants ne méritent pas qu’on se décarcasse pour eux !

C’est Grandgil dans La Traversée de Paris : Qu’est-ce que vous attendez pour foutre le camp avec vos valises (…). Salauds de pauvres !

Récidiviste de la provoc’

A peine avait-il prêté serment entre les mains du roi, en octobre 2014, que Theo Francken s’en allait fêter publiquement un vieux nationaliste flamand, ancien collaborateur des nazis ne reniant rien de son passé. Ce fut aussi la révélation de mails plus anciens révélant que le même Francken ne voyait pas la valeur ajoutée des migrations marocaines ou congolaises.

Bart De Wever l’avait à chaque fois défendu, ne voyant dans les réactions que des foutaises de Francophones.

Un Premier Ministre coincé

A chaque fois, Charles Michel avait privilégié la cohérence de sa coalition, fustigeant les réactions suscitées plutôt que de rappeler à l’ordre son secrétaire d’Etat, publiquement en tout cas.

Il ne devrait pas en être autrement cette fois. Au 16, on y voit une simple ironie, de la part du secrétaire d’Etat.

Les propos de Theo Francken diffèrent pourtant diamétralement de la parole délivrée dimanche dernier à Pairi Daiza par le Premier Ministre aux militants du MR : Agiter le poison du racisme ou de la xénophobie ne sera jamais notre choix.

Charles Michel n’a pas d’autre choix que de faire le gros dos. La N-VA reste la clé de voûte de sa majorité.

Ce jeudi à la Chambre, où le dossier des migrants sera débattu, le Premier Ministre jouera à nouveau la carte de la cohésion gouvernementale, réaffirmant les décisions prises et renvoyant l’opposition à ses déclarations.

Comme à chaque fois. Difficile de se fâcher avec celui qui vous a fait.

Jusqu’à la prochaine foucade de la N-VA

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