Aucun Syrien n’a obtenu le droit d’asile au Maroc

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Au moment, où la guerre en Syrie envoie en mer et sur les routes des milliers de Syriens démunis, le Maroc reste indécis. Aucun Syrien n’a encore obtenu l’asile au Maroc car la procédure est en suspens depuis plus d’un an et demi. « Tout est conditionné par la nouvelle loi sur l’asile. Elle est toujours au secrétariat général du gouvernement et avec les lois organiques et les élections, il y a embouteillage au Parlement », indique Aminata Pagni, responsable des questions de migration aux CNDH. Alors que la Commission européenne envisage à nouveau d’accueillir et de répartir 120 000 réfugiés dans l’Union européenne pour faire face à l’afflux de Syriens, le Maroc reste distant. Son attitude ambivalente vis-à-vis des Syriens a eu pour effet qu’aucun d’entre eux n’a été reconnu comme réfugié. Sur 679 demandes d’asiles déposées entre janvier et fin mars 2015, auprès du HCR Rabat, 416 provenaient de Syriens. Au total, fin mars, 2 937 personnes avaient demandé l’asile au Maroc, dont 1 054 Syriens, et 643 personnes ont été effectivement reconnues réfugiés. Mais parmi elles, aucune n’est de nationalité syrienne. A l’automne 2013, lorsque le roi avait lancé la nouvelle politique migratoire du royaume, le tout nouveau Bureau des réfugiés et des apatrides (BRA) avait auditionné les plus de 500 demandeurs d’asile recommandés par le HCR. Il avait ensuite enquêté avant d’estimer qu’ils avaient droit à l’asile. Sur ce nombre, la quasi-totalité s’est vue effectivement accordé l’asile par le Maroc. Par contre le cas des Syriens n’avait pas été pris en compte car, à l’époque, le Maroc s’était engagé, face à la tragédie syrienne, à accorder le statut de protection temporaire à tous les Syriens – en d’autres termes à les reconnaître tous comme réfugiés – sans enquêter sur leur situation personnelle tant que durera la guerre. Mais il n’en sera jamais rien et depuis la première liste de demandeurs d’asile qu’il a étudiée et validée, le BRA ne fonctionnera plus pendant plus d’un an. 5 250 régularisés En 2014, beaucoup de Syriens ayant fui les combats s’étaient tournés vers l’opération exceptionnelle de régularisation qui était, elle, pleinement opérationnelle au contraire de la procédure d’asile. A l’issue de cette opération, en janvier 2015, ils seront 5 250 à être régularisés. Depuis février 2015, la commission ad hoc du BRA a repris les auditions des demandeurs d’asile, en particulier de Syriens, recommandés par le HCR – ils sont près d’une centaine en moyenne à venir demander l’asile au Maroc, chaque mois, auprès du HCR. Pour autant, aucune des personnes auditionnées n’a encore reçu de réponse. « On leur a donné un récépissé d’enregistrement, mais le statut de réfugié n’a encore été accordé à personne », précise Aminata Pagni. Visiblement, sans loi sur l’asile, aucun réfugié ne pourra être reconnu. Les choses pourraient même plus se compliquer pour les Syriens. Dans son discours à l’occasion de l’anniversaire de la Révolution du roi et du peuple, le 18 août, Mohammed VI a au contraire annoncé que désormais le Maroc demanderait un visa aux Syriens. « Tout en exprimant notre solidarité avec les peuples de ces pays, nous regrettons que le Maroc ait eu à prendre cette décision pour des raisons de force majeure. Ceci dit, Nous aimerions préciser que cette décision ne vise personne, et qu’elle ne doit pas être perçue comme un comportement inamical à leur égard. Il s’agit plutôt d’une décision souveraine. Car en tant que dépositaire de la charge de veiller à la sécurité et la stabilité du pays, je ne permettrai aucun laisser-aller ni aucune manipulation concernant la protection du Maroc et des Marocains », a-t-il affirmer pour justifier cette mesure. Article modifié le : 03 .09.2015 à 18h09 Les Syriens source de business près de Melilla Parmi les milliers de Syriens qui sont parvenus jusqu’au Maroc depuis le début de la guerre, un grand nombre préfèrerait atteindre l’Union européenne où ils espèrent des conditions de vie meilleure. 1 500 demandes d’asiles ont été déposées par des Syriens et des Palestiniens de Syrie au bureau du HCR à la frontière de Melilla. « Les exilés de Syrie n’ont pas un accès évident à l’enclave espagnole. Location ou vente de passeports marocains, bakchichs des intermédiaires pour que la police marocaine ne bloque pas, le passage de la frontière coûte cher. Environ 100 euros par personne au moins de juin 2013, selon les témoignages récoltées sur le terrains », raconte Elsa Tyszler, volontaire auprès de Migreurop au Maroc et du GADEM dans son rapport « Gérer la frontière euro-africaine : Melilla, laboratoire de l’externalisation des frontières de l’Union européenne en Afrique », rendu publique le 31 août. « Si durant les premiers mois de 2015, les organisation ainsi que les autorités de Melilla enregistraient environ 50 entrées de Syriens par jours, depuis le mois de mai 2015, ce chiffre aurait nettement baissé. C’est que le blocage des Syriens est également extrêmement rentable. En effet, la ville de Nador, proche de l’enclave voit depuis plusieurs mois ses hôtels et ses restaurants remplis. Les taxis entre Nador et Beni Ansar (dernière ville avant la frontière) accompagnent chaque jour des tentatives de passage. Les Syriens sont ainsi devenu une source de business pour la zone transfrontalière marocaine », écrit Elsa Tyszler

Manifestation contre la venue de Marine Le Pen à Bruxelles STOP au meeting raciste du Vlaams Belang ! STOP aux diktats de L’Europe du Capital ! Le 15 septembre, le parti néofasciste, Vlaams Belang organise à Bruxelles un colloque avec Marine Le Pen « contre les diktats de l’Union Européenne » et pour s’en prendre aux migrants et aux populations du Sud de l’Europe. Cette collaboration entre le Front National de Marine Le Pen et le Vlaams Belang est renforcée par la mise sur pied de leur nouveau groupe d’extrême droite au parlement européen. Nous devons dénoncer l’hypocrisie de l’Union Européenne. La crise économique profonde du capitalisme, les politiques néocoloniales et les interventions militaires au Moyen-Orient et en Afrique ont créé une instabilité politique, alimenté la violence sectaire et disloqué les économies des pays touchés. Certains prennent le risque d’une périlleuse traversée de la Méditerranée. La politique d’asile de l’Union Européenne criminalise les réfugiés et militarise ses frontières. Sur le compte twitter du FN, ils écrivent: « Des frontières et des charters : la solution pour Calais et le reste ! ». Leur attitude est de jeter de l’huile sur le feu pour stimuler le racisme. L’extrême droite instrumentalise les migrants comme boucs émissaires des échecs économiques du capitalisme afin d’accroitre les tensions et les divisions entre divers groupes dans la société. Le FN clame que ce n’est pas aux français de payer pour les grecs pour qui d’ailleurs, il serait impensable qu’ils ne règlent pas l’entièreté de leur dette. Ces dettes ne sont pas celle des Grecs, des Espagnols, des Français, des Allemands ou des Belges et ne doivent pas être payées par eux,… mais ce sont celles des spéculateurs: banquiers et multinationales, ce que cache le FN. Ne nous laissons pas diviser! Une lutte unifiée des travailleurs et des jeunes, avec ou sans papiers, avec ou sans emploi, est nécessaire pour arrêter l’austérité en Belgique et en Europe et permettre un plan d’investissements publics massifs pour la création d’écoles, de logements sociaux et d’emplois décents pour tous. signer l’appel via boris@socialisme.be
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Serge Noël
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Aucun Syrien n’a obtenu le droit d’asile au Maroc

Au moment, où la guerre en Syrie envoie en mer et sur les routes des milliers de Syriens démunis, le Maroc reste indécis. Aucun Syrien n’a encore obtenu l’asile au Maroc car la procédure est en suspens depuis plus d’un an et demi.
« Tout est conditionné par la nouvelle loi sur l’asile. Elle est toujours au secrétariat général du gouvernement et avec les lois organiques et les élections, il y a embouteillage au Parlement », indique Aminata Pagni, responsable des questions de migration aux CNDH. Alors que la Commission européenne envisage à nouveau d’accueillir et de répartir 120 000 réfugiés dans l’Union européenne pour faire face à l’afflux de Syriens, le Maroc reste distant. Son attitude ambivalente vis-à-vis des Syriens a eu pour effet qu’aucun d’entre eux n’a été reconnu comme réfugié.
Sur 679 demandes d’asiles déposées entre janvier et fin mars 2015, auprès du HCR Rabat, 416 provenaient de Syriens. Au total, fin mars, 2 937 personnes avaient demandé l’asile au Maroc, dont 1 054 Syriens, et 643 personnes ont été effectivement reconnues réfugiés. Mais parmi elles, aucune n’est de nationalité syrienne.
A l’automne 2013, lorsque le roi avait lancé la nouvelle politique migratoire du royaume, le tout nouveau Bureau des réfugiés et des apatrides (BRA) avait auditionné les plus de 500 demandeurs d’asile recommandés par le HCR. Il avait ensuite enquêté avant d’estimer qu’ils avaient droit à l’asile. Sur ce nombre, la quasi-totalité s’est vue effectivement accordé l’asile par le Maroc. Par contre le cas des Syriens n’avait pas été pris en compte car, à l’époque, le Maroc s’était engagé, face à la tragédie syrienne, à accorder le statut de protection temporaire à tous les Syriens – en d’autres termes à les reconnaître tous comme réfugiés – sans enquêter sur leur situation personnelle tant que durera la guerre. Mais il n’en sera jamais rien et depuis la première liste de demandeurs d’asile qu’il a étudiée et validée, le BRA ne fonctionnera plus pendant plus d’un an.
5 250 régularisés
En 2014, beaucoup de Syriens ayant fui les combats s’étaient tournés vers l’opération exceptionnelle de régularisation qui était, elle, pleinement opérationnelle au contraire de la procédure d’asile. A l’issue de cette opération, en janvier 2015, ils seront 5 250 à être régularisés.
Depuis février 2015, la commission ad hoc du BRA a repris les auditions des demandeurs d’asile, en particulier de Syriens, recommandés par le HCR – ils sont près d’une centaine en moyenne à venir demander l’asile au Maroc, chaque mois, auprès du HCR. Pour autant, aucune des personnes auditionnées n’a encore reçu de réponse. « On leur a donné un récépissé d’enregistrement, mais le statut de réfugié n’a encore été accordé à personne », précise Aminata Pagni. Visiblement, sans loi sur l’asile, aucun réfugié ne pourra être reconnu.
Les choses pourraient même plus se compliquer pour les Syriens. Dans son discours à l’occasion de l’anniversaire de la Révolution du roi et du peuple, le 18 août, Mohammed VI a au contraire annoncé que désormais le Maroc demanderait un visa aux Syriens. « Tout en exprimant notre solidarité avec les peuples de ces pays, nous regrettons que le Maroc ait eu à prendre cette décision pour des raisons de force majeure. Ceci dit, Nous aimerions préciser que cette décision ne vise personne, et qu’elle ne doit pas être perçue comme un comportement inamical à leur égard. Il s’agit plutôt d’une décision souveraine. Car en tant que dépositaire de la charge de veiller à la sécurité et la stabilité du pays, je ne permettrai aucun laisser-aller ni aucune manipulation concernant la protection du Maroc et des Marocains », a-t-il affirmer pour justifier cette mesure.
Article modifié le : 03 .09.2015 à 18h09
Les Syriens source de business près de Melilla
Parmi les milliers de Syriens qui sont parvenus jusqu’au Maroc depuis le début de la guerre, un grand nombre préfèrerait atteindre l’Union européenne où ils espèrent des conditions de vie meilleure. 1 500 demandes d’asiles ont été déposées par des Syriens et des Palestiniens de Syrie au bureau du HCR à la frontière de Melilla. « Les exilés de Syrie n’ont pas un accès évident à l’enclave espagnole. Location ou vente de passeports marocains, bakchichs des intermédiaires pour que la police marocaine ne bloque pas, le passage de la frontière coûte cher. Environ 100 euros par personne au moins de juin 2013, selon les témoignages récoltées sur le terrains », raconte Elsa Tyszler, volontaire auprès de Migreurop au Maroc et du GADEM dans son rapport « Gérer la frontière euro-africaine : Melilla, laboratoire de l’externalisation des frontières de l’Union européenne en Afrique », rendu publique le 31 août.
« Si durant les premiers mois de 2015, les organisation ainsi que les autorités de Melilla enregistraient environ 50 entrées de Syriens par jours, depuis le mois de mai 2015, ce chiffre aurait nettement baissé. C’est que le blocage des Syriens est également extrêmement rentable. En effet, la ville de Nador, proche de l’enclave voit depuis plusieurs mois ses hôtels et ses restaurants remplis. Les taxis entre Nador et Beni Ansar (dernière ville avant la frontière) accompagnent chaque jour des tentatives de passage. Les Syriens sont ainsi devenu une source de business pour la zone transfrontalière marocaine », écrit Elsa Tyszler

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