Inscription de numéros sur les mains des migrants: polémique en République tchèque

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Des juristes et des militants humanitaires tchèques ont dénoncé mercredi l’inscription par la police de numéros sur les mains de migrants interpellés à bord d’un train, les autorités affirmant que cela permet d’identifier les familles.

« Aucune loi ne permet de marquer les gens de cette manière », a déclaré Zuzana Candigliota, avocate de la Ligue tchèque des droits de l’Homme.

En Europe de l’Est, le procédé rappelle inévitablement celui utilisé par les nazis pour identifier les prisonniers des camps de concentration.

Mardi, des policiers ont utilisé des marqueurs pour inscrire des numéros sur la peau de 214 réfugiés, en majorité syriens, interpellés à la frontière à bord de trains venant d’Autriche et de Hongrie.

Mais il ne s’agissait pas d’un cas isolé. Une porte-parole du ministère tchèque de l’Intérieur, Lucie Novakova, a déclaré que ce marquage avait été introduit en raison du grand nombre d’enfants parmi les réfugiés.

« Notre objectif est d’empêcher que des enfants se perdent », a-t-elle dit à l’AFP.

La porte-parole de la police des étrangers Katerina Rendlova a elle aussi déclaré qu’il s’agissait d’identifier les familles. « Nous inscrivons aussi le code du train à bord duquel ils voyagent, pour savoir vers quel pays nous devrons les renvoyer en cas de réadmission. »

Contrairement à d’autres Etats européens, les autorités tchèques maintiennent que les migrants illégaux doivent être renvoyés vers le pays par lequel ils sont entrés dans l’UE, invoquant le règlement de Dublin qui le permet.

Un sondage réalisé en août auprès de 1040 Tchèques a révélé que 93% d’entre eux pensaient que les réfugiés doivent être renvoyés dans leur pays d’origine.

Mme Rendlova a expliqué que les réfugiés « recevaient habituellement des numéros sur des feuilles de papier, mais s’empressaient de les jeter ».

« Ils ont accepté le marquage, ils n’ont pas de problème avec cela, ils savent que c’est dans leur intérêt », a-t-elle ajouté.

Les juristes ne sont pas de cet avis. « Je pense qu’ils acceptent car ils pensent que le policier a le droit de le faire », a dit Mme Candigliota.

« Je sais que la situation est difficile car les réfugiés n’ont pas de papiers d’identité. Mais du point de vue de la loi ce n’est pas correct », a dit à l’AFP un juriste pragois, Marek Dufek.

AFP

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