L’urgence humanitaire au Parc Maximilien…et puis?

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L’urgence a été déclarée, l’urgence humanitaire dit-on. Mais le terme
“urgence” implique que l’on ne peut y répondre que par des solutions à
court terme et ainsi empêcher tout projet à plus long terme, voire «
oublier » les origines politiques de ces urgences…

Et pourtant plus de la moitié des réfugiés qui campent au parc
Maximilien actuellement, en attendant qu’on leur permette de déposer
leur demande d’asile à l’Office des Étrangers, auront une réponse
négative à leur demande par le CGRA.
Certaines nationalités sont actuellement dans le top 10 du CGRA (les
Syriens p. ex ) mais d’autres risquent de se faire renvoyer dans leur
pays (50 % des Irakiens par exemple). Ils seront expulsés ou devront
vivre dans la clandestinité, devenant des «sans papiers » avec dans leur
poche un ordre de quitter le territoire! On apprend ce 04/09/2015 que
quelques Irakiens ont été amenés dans un centre fermé ces jours-ci !

Un demandeur d’asile sera accepté si «il risque un réel danger…» à son
retour dans son pays d’origine ! Et à condition qu’il ne soit pas passé
par un autre pays Schengen (Dublin3),vers où il sera renvoyé illico presto !

Ainsi beaucoup de ces demandeurs d’asile du parc Maximilien risquent de
vivre de nouveaux cauchemars dans le futur : expulsion, clandestinité
etc. grâce à des normes des plus restrictives éditées par les
administrations (UNHCR,CGRA, Office des Étrangers…) .

Les politiques migratoires européennes empêchent dans un premier temps
l’arrivée de ces migrants en les bloquant aux frontières, puis pour ceux
qui passent à travers les mailles des filets, ils les filtrent et les
séparent entre les « bons », les « vrais » et les « mauvais » , les«
faux » réfugiés. Sans parler des réfugiés qui seront taxés de réfugiés «
économiques » (question :l’économique n’a-t-il vraiment rien à voir avec
le politique?) , ou de ceux qui viennent d’un pays « sûr » selon le CGRA
et dont la demande d’asile sera refusée dans les 15 jours.

Parallèlement aux aides citoyennes urgentes actuelles , bien d’autres
actions sont/ seront nécessaire pour soutenir les exclus de nos
politiques migratoires qui ne peuvent/veulent pas rentrer chez eux !

Bien d’autres initiatives/ actions sont indispensables pour éliminer ce
système d’exclusion (qui n’est pas que pratiqué sur les migrants
d’ailleurs) et de frontières, propre à nos sociétés actuelles.

Nombres de chercheurs, anthropologues, sociologues etc. confirment que
l’ouverture des frontières est bénéfique pour tous.

Notre lutte contre ces politiques, les luttes des exclus, les luttes des
réfugiés, les luttes des sans papiers, est complémentaire à l’aide
humanitaire . Si nous ne soutenons pas ces luttes, nous risquons de
faire de l’humanitaire pendant des siècles et … dans l’urgence!

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