Le secrétaire d’État à l’Asile et à la Migration Theo Francken (N-VA) a annoncé que l’Office des Étrangers sera ouvert les samedis et dimanches, les deux prochains week-end.

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Mais il précise que ce ne sera pas pour enregistrer des nouveaux dossiers de demande d’asile.

Le personnel de l’Office des Étrangers, qui travaillera sur base volontaire et qui recevra une compensation, sera chargé de procéder aux interviews concernant des dossiers existants. Actuellement, le retard est tel que les personnes enregistrées ces jours-ci ne pourront être interrogées avant novembre, a expliqué Theo Francken.

« Je ne suis ni un magicien ni Superman! »

Par ailleurs, Theo Francken refuse toujours d’enregistrer plus de 250 demandes par jour, car il doit fournir une place en centre d’accueil à chaque demandeur d’asile, et il n’a pas les moyens d’en accueillir plus. « Je ne peux pas ouvrir 10 000 places en un jour, je ne suis ni un magicien ni Superman! » dit-il.

« La Belgique fait tout ce qu’elle peut », a aussi dit le secrétaire d’État alors que l’émotion est vive après la diffusion de la photo d’un enfant mort noyé en tentant de gagner l’Europe. Il a rappelé les efforts déjà accomplis par la Belgique, notamment l’envoi du « Godetia » en Méditerranée ou le travail en cours pour enregistrer et procurer un toit aux demandeurs. Il s’en est pris également aux dirigeants européens qui affichent leur mauvaise volonté dans ce dossier, notamment le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, qui ne montrerait pas « le même intérêt » que lui à la question des migrants.

Beaucoup de femmes et d’enfants ce jeudi matin

Quelque 500 personnes ont fait la file ce jeudi devant les bureaux de l’Office des étrangers à Bruxelles, selon un décompte de la police. Parmi elles, un très grand nombre de femmes et d’enfants. Malgré le fait qu’ils avaient la priorité, ils n’ont pas tous pu entrer dans le bâtiment.

Deux cents demandeurs d’asile avaient reçu plus tôt dans la semaine un document leur demandant de se présenter ce jeudi à l’Office des étrangers. Ils ont été les premiers accueillis lors de l’ouverture des portes à 08h00. Parmi eux, une centaine de demandeurs devra revenir pour un entretien complémentaire. Ces candidats à l’asile ne devront plus passer par la file classique. Mais les temps d’attente pour ces entretiens augmentent également.

Les nouveaux arrivant étaient pour leur part divisés en deux groupes: les femmes, les enfants, les personnes âgées et les personnes malades d’une part, les jeunes hommes d’autre part.

Pour la première fois, le groupe des personnes vulnérables était le plus important. Quand il est devenu évident que toutes les personnes du premier groupe ne pourraient pas rentrer, il a été décidé de prendre en charge les enfants les plus jeunes, les personnes les plus âgées et les personnes les plus malades. Les autres demandeurs d’asile ont reçu une lettre de convocation pour vendredi.

Les jeunes hommes qui arrivaient pour la première fois ce jeudi devant l’Office des étrangers devront trouver un moyen de se loger jusqu’à lundi, les 200 places prévues pour vendredi étant déjà toutes réservées.

Francken ne voit pas de solution de rechange au système Dublin

Theo Francken, ne voit pas de solution de rechange valable au règlement de Dublin qui organise le traitement des demandes d’asile dans l’Union européenne. Bon nombre d’acteurs ont pourtant réclamé la modification des règles actuelles à l’occasion de la présentation de « Myria », le nouveau Centre fédéral Migration.

« Le système de Dublin est dépassé par les faits. Le chacun pour soi doit faire place à un régime commun », a lancé le directeur du nouveau centre, François De Smet.

Les règles de Dublin visaient à mettre fin au « shopping » des demandeurs d’asile qui introduisaient parfois des demandes dans plusieurs États membres. Elles posent le principe selon lequel l’État membre responsable sera l’État par lequel le demandeur d’asile a fait son entrée dans l’Union européenne. Ce faisant, le système fait peser une charge très lourde sur les pays frontaliers de l’UE. Le transfert vers le pays d’entrée qui est prévu par le règlement se produit dès lors peu. Sur 55 000 demandes, à peine un quart sont acceptées. Dublin ne permet pas en outre de tenir compte de la volonté du migrant qui, la plupart du temps, cherche à rejoindre de la famille ou des proches en Europe ou, plus généralement, un endroit où vivent déjà d’autres membres de sa communauté.

D’autres règles pourraient être mises en œuvre, par exemple un système de quotas par pays ou une liste limitée de pays choisis par le demandeur, a indiqué Kris Pollet, membre du réseau d’ONG « European Council on Refugees and Exile ».

« Je n’ai pas encore trouvé une meilleure alternative. Pour nous, Dublin doit être appliqué », a répondu Theo Francken. Le secrétaire d’État a dit comprendre certaines objections, particulièrement quand il s’agit de groupes vulnérables, mais il a rappelé les efforts déjà fournis par l’Europe à destination de pays frontaliers comme la Grèce ou l’Italie, qu’ils soient financiers ou qu’ils passent par le Bureau européen d’appui en matière d’asile.

L’idée d’installer des bureaux européens d’immigration à l’extérieur de l’Union européenne qui répartiraient ensuite les demandeurs dans les États-membres n’enchante pas plus Theo Francken, qui la juge impraticable. Il sera compliqué de trouver des pays prêts à accueillir ces structures, l’afflux de demandeurs qui s’y rendront et qui risquent d’y rester si leur dossier est rejeté.

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