Le plan d’action pour accroître les retours volontaires de Théo Francken

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Le nationaliste flamand veut éviter une crise de l’asile comme celle que la Belgique a connue en 2011.

Le nombre de migrants déboutés acceptant de retourner dans leur pays d’origine a fort baissé depuis le début de l’année, ressort-il des statistiques migratoires semestrielles présentées mercredi par le secrétaire d’État à l’Asile et la Migration, Theo Francken, qui finalise un plan d’action à cet égard. Ce nombre est passé de 1.803 au premier semestre 2014 à 1.419 sur la même période en 2015, un chiffre qui « n’est pas bon », selon M. Francken (N-VA). En l’extrapolant à l’ensemble de l’année 2015, les retours volontaires se chiffreront à 2.800, là où le secrétaire d’Etat en attend de 3.000 à 3.500.

Theo Francken y voit notamment une conséquence de la hausse des octrois de demandes d’asile, due à un meilleur ciblage de la politique, qui génère une migration provenant davantage de pays donnant droit à l’asile que de pays de migration économique, comme les Balkans en 2011.

Le taux de reconnaissance du statut de protection en 2015 a en effet atteint un record de 58,9%, pour des réfugiés venant principalement de Syrie, Afghanistan, Somalie et Irak. « Ce sont de vrais réfugiés », commente M. Francken. Parmi eux se trouvent de plus en plus de très jeunes gens, de 13 à 15 ans, mais aussi des adultes qui se déclarent mineurs d’âge. Les cas douteux font l’objet d’un examen médical, dont le résultat tolère une marge de deux ans. Ce qui n’empêche pas de repérer parmi ces cas de 60% à 70% d’adultes, selon Theo Francken.

La hausse des demandes d’asile (2.289 en juin dernier, pour 1.403 douze mois plus tôt) est la conséquence du contexte international, fait valoir M. Francken. Les Nations unies recensent ainsi un chiffre record de 60 millions de réfugiés, en hausse de 10 millions par rapport à 2014.

En Belgique, où le taux d’occupation des places d’accueil est passé de 70% à 87% en un an, les 16.200 places disponibles seront renforcées de 2.200 places-tampon d’ici à septembre, les 30 premières ayant déjà été ouvertes. Dans ces conditions, répète Theo Francken, les 20 millions d’euros d’économies réclamées à l’agence fédérale Fedasil « ne sont pas réalistes ».

Le nationaliste flamand veut éviter une crise de l’asile comme celle que la Belgique a connue en 2011, lorsque des demandeurs ont dû être logés l’hiver à l’hôtel. Il reste en contact avec la Défense à cet égard.

Pour les personnes déboutées, le secrétaire d’Etat finalise un plan d’action pour promouvoir le retour volontaire. Il s’agit de toucher les personnes sans droit de séjour qui ne résident pas en centre d’accueil. Le plan se concentrera sur les grandes villes.

« Nous voulons faire comprendre qu’un retour volontaire au pays d’origine vaut mieux que vivre dans l’illégalité », a commenté Theo Francken. Il souligne que ces personnes sont exposées aux marchands de sommeil et ne peuvent exercer un emploi dans les règles.

Le secrétaire d’État pointe aussi du doigt la localisation des places d’accueil, moins judicieuse selon lui lorsqu’il s’agit d’une commune écartée – et de citer Poelkapelle (Flandre occidentale), tout à l’ouest du pays, « où le taux d’arrivée est relativement bas ». Il favorisera donc des installations comme le Petit Château à Bruxelles, afin que les « places de retour » soient localisées là où se trouvent la plupart des personnes concernées.

La coopération avec les communes sera aussi sollicitée, sur base volontaire. « Pour certaines administrations, le retour est la moindre des priorités », déplore-t-il.

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