Centres fermés: un communiqué du CRACPE

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Ce lundi, fin de journée, nous avons appris par différents appels téléphoniques reçus du centre fermé pour étrangers de Vottem qu’une tentative de suicide venait d’avoir lieu. Un homme détenu depuis plusieurs mois dans l’aile dite « spéciale » (aile verte) s’est tailladé le corps en différents endroits et a été emmené à l’hôpital. Nous ne connaissons pas son état de santé actuel ; nous craignons que ses jours soient en danger.
Cette aile appelée « aile spéciale » a été ouverte en juillet 2014. Sa mise en place avait déjà été décidée par le gouvernement précédent, et sa Secrétaire d’Etat à l’Asile et à la Migration, Maggie De Block. Il s’agit d’une aile sécurisée destinée à certains « résidents » des centres fermés réputés « ingérables », par exemple des personnes qui présentent des troubles psychologiques ou psychiatriques, qui devraient plutôt, selon nous, être prises en charge par des institutions spécialisées. Mais aussi, dans beaucoup de cas, il s’agit simplement de personnes qui se révoltent contre leur détention et contre le fonctionnement du centre fermé, et résistent de façon déterminée à leur expulsion, parce qu’elles n’ont plus d’avenir, et/ou seront en insécurité dans leur pays d’origine, parce que leurs attaches familiales, leur vie sont ici…
L’aile dite « spéciale » est prévue pour casser cette résistance : les détenus sont en régime d’isolement, seuls dans une chambre, nuit et jour, sans que cela soumis à la réglementation qui limite la durée de l’isolement au cachot dans les centres fermés. Ils sont victimes de toutes sortes de mesures répressives. On proteste? on est privé de son gsm, de son stylo, du droit de visite (exemples reçus dans des témoignages)… Surveillance « comme dans les films américains » nous raconte l’un d’entre eux: la nuit, toutes les 45 minutes, les gardiens éclairent pour vérifier ce qui se passe dans leur chambre -ne devrait-on pas dire cellule?- . Les caméras sont partout.
C’est principalement ce régime d’isolement qui fait que certains n’en peuvent plus… Parmi eux, certains vont alors accepter l’expulsion, le but escompté est atteint! D’autres en arriveront au suicide, comme aujourd’hui. Tous seront victimes de graves problèmes psychologiques. Une personne qui a fini par accepter son expulsion après plusieurs mois de ce régime nous disait: « Je suis à bout, ils m’ont détruit; je retourne la semaine prochaine! »
Nous souhaitons qu’il y ait une enquête sur les conditions de détention dans cette aile spéciale, parce que des traitements inhumains y sont appliqués!
Le CRACPE continue à réclamer la suppression des centres fermés pour étrangers qui enferment des personnes dont le « délit » est de ne pas avoir de titre de séjour en ordre, pour les renvoyer vers les persécutions, la guerre , la misère… alors qu’elles cherchaient un accueil et une vie en sécurité pour elles-mêmes et souvent, pour leur famille

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