Les demandes d’asile explosent. En Europe, des solutions nauséabondes sont dans l’air. L’asile doit être repensé.

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PASCAL MARTIN

L’Europe connaît par endroits une énième poussée de fièvre anti-immigration. La Hongrie de Viktor Orban veut construire un « mur » à sa frontière avec la Serbie. Un incendie et des manifestations ont éclaté en Italie pour protester contre l’installation de demandeurs d’asile. Il est question de créer des « camps » en Bavière pour répondre à un afflux soudain de migrants irréguliers avant leur probable expulsion…

Tout cela a un air de déjà-vu. On se souvient des « Pays-Bas sont pleins » de Pim Fortuyn. Des succès du Front national engrangés face à une invasion fantasmée. Ou encore de la rhétorique nauséabonde du Vlaams Belang.

Que l’immigré fasse un bouc émissaire parfait n’a rien de neuf. Ce qui l’est davantage, c’est l’extraordinaire pression migratoire qui s’exerce en ce moment même aux portes méridionales de l’Europe. Plus de 100.000 personnes les ont déjà franchies cette année.

C’est pourquoi il faut craindre que le rejet de l’étranger déborde du marigot des extrêmes pour s’en aller inonder des cerveaux jusqu’ici préservés de la xénophobie. Il est patent de voir qu’en Bavière, au sud d’une Allemagne qui n’a de cesse depuis la guerre de donner des gages de tolérance, il se trouve aujourd’hui des responsables politiques pour évoquer sans rougir la création de « camps » où des clandestins viendront terminer leur course.

Il est un peu tôt pour estimer dans quelle mesure ce type de réflexes évoluera ou non avec la décision européenne de redistribuer entre les États membres une partie des migrants qui restaient jusqu’ici « à charge » de l’Italie et de la Grèce. La répartition de quelques dizaines de milliers de personnes à travers un continent en proie à une apathie démographique n’a rien d’un défi insurmontable. D’autant qu’elle concerne une population qui peut logiquement prétendre à l’asile.

Dans ce contexte, la Belgique plaide la sagesse. Des structures promises à sommeiller resteront au contraire en activité pour permettre de traiter dans de bonnes conditions le nouvel afflux de demandeurs d’asile qui était annoncé dès avant le plan de la Commission pour la relocalisation et la réinstallation des migrants. Theo Francken, qui en a fait l’annonce mercredi, sait que la N-VA sera observée de très près, s’agissant d’un dossier éminemment sensible. Sensible puisque tentant de conjuguer les réalités du moment aux principes universels, il tient quelque part de la quadrature du cercle

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