Des révélations inquiétantes du « Guardian » sur la militarisation de l’accueil des migrants en Méditerranée

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Le journal « The Guardian » diffuse des documents qui seront discutés au prochain Conseil UE du 25 juin, où apparaît comment les leaders européens auraient décidé d’organiser la « militarisation de l’accueil » dans le Sud de l’Europe, pour permettre, de façon forcée et rapide, l’enregistrement et l’identification via les empreintes digitales, l’expulsion et – si nécessaire – la détention jusqu’à 18 mois.
Les docs diffusés décrivent un plan européen qui prévoit, sur les territoires italien, grec et maltais, l’établissement de « zones de confinement structuré, et l’institution, avec le support des experts des Etats membres, de pratiques visant à assurer l’identification rapide, via la prise d’empreinte digitale et l’enregistrement des migrants ». Littéralement, ces camps sont définis comme « structurs border zones and facilities”. Ils apparaissent comme des centres de rétention, des prisons où les migrants seraient enfermés, tout suite après leur arrive sur le territoire, et où ils devront subir le plus rapidement possible la procédure d’identification, l’enregistrement et l’expulsion de tous ceux qui, selon les autorités, n’auraient pas droit à l’asile. Pour ceux qui ne collaborent pas, la détention sera prolongée jusqu’à 18 mois, avec d’importants changements par rapport à la norme nationale italienne. Selon « The Guardian », très probablement les leaders des pays membres décideront de renforcer le pouvoir de la police européenne et de Frontex, en incluant l’utilisation de la force. L’objectif est clair : augmenter le nombre de migrants renvoyés. Selon les propositions de la Commission, comme il apparaît dans une lettre envoyée par Avrampoulous aux ministres de l’Intérieur, Frontex recevra plus de pouvoir pour mener les retours forcés. Selon le Commissaire européen, « le système européen d’expulsion des migrants irréguliers n’est pas suffisamment rapide et efficace. Il est donc nécessaire d’augmenter l’efficience de ce système. Je suis ouvert à explorer toute option ». La militarisation de l’accueil est clairement la contrepartie des 40.000 demandeurs d’asile redistribués de l’Italie et de la Grèce vers les autres Etats membres. L’engagement de la France et de l’Allemagne ne se fera que sur peu de demandeurs d’asile, et en échange, ils veulent que les migrants économiques restent dans les hot-spot, et soient de là renvoyés directement dans leur pays d’origine avec l’aide européenne ». Les hot-spot, selon ce que apparaît dans l’article du « Guardian », doivent donc être des lieux de détention pour éviter la fuite des migrants. La durée de détention, bien que théoriquement limitée à 6 mois, pourra être prolongée jusqu’à 18 mois, en cas de manque de coopération. En situation d’urgence (comme sûrement se présentera la situation italienne et grecque), on ouvre la possibilité de fermer les yeux sur les règles relatives à la détention. Ainsi que la possibilité de détenir en des lieux qui ne soient pas forcément des structures de détention ou prisons. On envisage aussi est une rapide révision judiciaire des cas.

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