L’UE dévoile son ‘tant attendu » agenda sur la migration

index.jpg14

 

La Commission européenne a dévoilé mercredi son ‘tant attendu » Agenda européen en matière de migration, qui énumère les mesures immédiates qui seront prises pour faire face à la situation en Méditerranée, ainsi que les actions à entreprendre au cours des prochaines années pour mieux gérer les migrations dans tous leurs aspects.
L’agenda est censé apporter une réponse à l’échelle européenne, en combinant les politiques intérieures et extérieures, en tirant le meilleur parti des agences de l’Union et des outils dont celle-ci dispose, et en faisant participer tous les acteurs : Etats membres, institutions européennes, organisations internationales, société civile, autorités locales et pays tiers.
Ce plan européen comprend deux volets liés aux mesures immédiates qu’il convient de prendre et aux actions à long terme. La Commission a décidé à cet effet le triplement des capacités et des ressources disponibles en 2015 et 2016, pour les opérations conjointes Triton et Poséidon de Frontex, l’agence européenne pour la sécurité et les frontières extérieures de l’UE. Un budget rectificatif pour 2015 a été adopté mercredi pour garantir les fonds nécessaires -un total de 89 millions d’euros- et le nouveau plan opérationnel Triton sera présenté d’ici la fin du mois de mai.
La CE a aussi proposé d’activer pour la première fois le mécanisme d’urgence prévu à l’article 78 du traité sur le fonctionnement de l’UE, pour aider les Etats membres confrontés à un afflux soudain de migrants. D’ici la fin du mois de mai, la Commission proposera un mécanisme temporaire de répartition dans l’UE des personnes qui ont manifestement besoin d’une protection internationale. Une proposition relative à un régime européen permanent de relocalisation dans les situations urgentes d’afflux massifs sera présentée ultérieurement, d’ici la fin de l’année 2015.
Troisième action immédiate majeure, la proposition, d’ici la fin du mois de mai, d’un programme de réinstallation à l’échelle de l’Union pour offrir 20.000 places, réparties dans tous les Etats membres, à des personnes déplacées qui ont manifestement besoin d’une protection internationale en Europe, avec un financement spécifique supplémentaire de 50 millions d’euros pour 2015 et 2016.
Il s’agira aussi du lancement, dans le cadre de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC), d’une opération dans la Méditerranée pour démanteler les réseaux de passeurs et lutter contre le trafic de migrants, dans le respect du droit international.
Pour l’avenir, la Commission suggère quatre piliers destinés à mieux gérer les migrations dans tous leurs aspects.
En premier ressort, il sera question de réduire les incitations à la migration irrégulière, notamment en détachant des officiers de liaison ‘Migration » européens auprès des délégations de l’UE dans les pays tiers clés, modifier la base juridique de l’agence Frontex en vue de renforcer son rôle en matière de retour, élaborer un nouveau plan d’action comprenant des mesures visant à faire du trafic de migrants une activité criminelle à haut risque et peu rentable et s’attaquer aux causes profondes des migrations au moyen de la coopération au développement et de l’aide humanitaire.
La gestion des frontières figure aussi au centre des priorités. L’UE veut à cet effet renforcer le rôle et les capacités de Frontex, aider à accroître la capacité des pays tiers à gérer leurs frontières et continuer à regrouper, si nécessaire, certaines fonctions des gardes-côtes au niveau de l’Union.
La priorité sera donnée ensuite à la mise en œuvre intégrale et cohérente du régime d’asile européen commun, notamment en encourageant les Etats à procéder systématiquement à l’identification des migrants et au relevé de leurs empreintes digitales, tout en s’efforçant de limiter les abus de ce régime, par un renforcement des dispositions relatives au pays d’origine sûr figurant dans la directive sur les procédures d’asile. Il convient aussi d’évaluer et, éventuellement, réviser le règlement de Dublin en 2016, selon lequel c’est le pays où le migrant est arrivé qui a l’obligation de traiter sa demande d’asile.
Enfin, l’Exécutif conduit par Jean-Claude Juncker cherche à mettre en place une nouvelle politique pour la migration légale. L’objectif principal est de faire en sorte qu’une Europe en déclin démographique demeure une destination attrayante pour les migrants, notamment en fixant de nouvelles priorités pour les politiques européennes d’intégration et en optimisant les avantages de la politique migratoire pour les personnes et les pays d’origine.
13 mai 2015

Source : AFP

Pour marque-pages : Permaliens.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *