Dernières nouvelles de Lamri Ben Amar, l’autre migrant retrouvé mort la semaine passée au centre fermé de Merksplas – vendredi 10 avril 2015

Résultat de recherche d'images pour "photos de deuil"   Comme nous l’avons fait lors de la mort par auto-étranglement de Lamri Ben Amar, décédé la semaine passée au Centre fermé de Merksplas, du côté d’Anvers, nous contacterons les différents centres où sont décédés les deux personnes ainsi que les parquets des procureur du Roi, habilité à autoriser l’enlèvement des corps ou procéder à des enquêtes, pour connaître leur rapport sur les décès et la suite réservée aux dépouilles. En effet, vendredi de la semaine passée, nous avons été, moi et Geneviève de la Ligue des Droits de l’Homme, rencontrer les responsables du Centre fermé de Merksplas ainsi que des détenus, afin de savoir exactement ce qui s’est passé et comprendre le tragique événement de notre ami détenu qui s’y est suicidé. Nous avons appris qu’il ne s’est pas pendu, mais qu’il s’est étranglé avec sa ceinture, la nuit dans son lit. Il a été découvert par un de ses colocataires de chambre. La Direction, comme vous pouvez l’imaginer, nous a reçus correctement, mais très froidement et très peu bavarde, car elle n’a pas voulu nous donner la plupart des informations que nous souhaitions avoir, tel que l’état d’esprit du détenu les jours précédents sa mort, s’il faisait grève de la faim, le contenu de son rapport médical, son parcours et situation de séjour, les coordonnées de son avocat, les coordonnées de sa famille, où son corps se trouvait, la lettre qu’il a laissée, etc.). Son corps ne se trouvait plus au Centre fermé le lendemain. Les autres détenus étaient choqués de la manière dont a été traité leur ami décédé. Il y a eu un groupe d’une dizaine de personnes qui ont protesté, mis à l’isolement et renvoyés vers d’autres Centres fermés ( que nous n’avons pas pu rencontrées). La Directrice, qui gère ce centre depuis 20 ans, pour réconforter le reste des détenus, a fait appel à un imam pour parler aux détenus et faire les prières qu’il fallait. Elle a fait poser dans un coin du centre (que nous n’avons pas vu) une photo du défunt, des fleurs et un régistre de condoléances. Pour connaitre la suite et le sort du corps, nous avons été redirigés vers l’Ambassade du Maroc (le Consulat d’Anvers ne veut donner aucune information), et le Parquet. Nous sommes actuellement en contact avec le Parquet, qui dit avoir juste autorisé l’enterrement, mais sans dire où et quand. Nous attendons la suite, car tout ce que nous souhaitons savoir, c’est si les droits et la dignité de Lamri Ben Amar ont été respectés, même s’il n’était que sans-papiers.

John’s

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