Migrant écrasé par un bus à Bruxelles: « On aimerait que ce soit le dernier » – Témoignages

S. F. Publié le mardi 25 juillet 2017 à 14h00 – Mis à jour le mardi 25 juillet 2017 à 17h50 – La libre.be

Samedi soir, un adolescent, qui serait originaire du Soudan, est décédé. Caché sous un bus à destination de l’étranger, il tentait de rejoindre l’Angleterre.

« Au démarrage du bus, il aurait été traîné par terre sur une centaine de mètres avant de tomber à hauteur du boulevard Simon Bolivar », précise un communiqué de presse du procureur du roi de Bruxelles. « L’enquête pour préciser les circonstances de cet accident est en cours. » D’après nos confrères de la Dernière Heure, le jeune homme répondait au nom d’Omar. Il avait 17 ans.

« Ce n’est pas qu’un décès. C’est tout un symbole », entame Caroline Intrand, directrice du Ciré (coordination et initiatives pour réfugiés et étrangers), interrogée par la DH. « On aimerait que ce soit le dernier. La réalité des migrants qui sont au parc Maximilien, c’est la survie. Ils ne sont pas encadrés. Les conditions dans lesquelles ils vivent les poussent à prendre d’énormes risques. Le résultat ? Un jeune se fait écraser par un bus. C’est horrible. C’est un mineur. Il n’a pas à être dans la rue. »

Pourquoi tant de migrants visent l’Angleterre ?

Les migrants qui souhaitent passer de l’autre côté de la Manche ont une dénomination bien spécifique : migrants de transit ou transmigrants. À l’instar des migrants de la Jungle de Calais, leur particularité est qu’ils n’ont aucune intention de déposer asile en Belgique. Ou en France, ou aux Pays-Bas, etc. Généralement, ils tentent de monter à bord de camions parqués sur des aires d’autoroutes, de bus au départ des gares ou de ferry dans le port de Zeebrugge. Beaucoup échouent et reçoivent systématiquement une obligation de quitter le territoire lorsqu’ils sont interpellés.

Trois facteurs motivent les migrants à viser l’Angleterre. Le premier est la langue. « La plupart des migrants de transit qui sont à Bruxelles sont anglophones. Apprendre une langue, c’est le premier pas pour s’intégrer dans une société. Mais quand on part en exil, décider d’apprendre la langue du pays om l’on est, décider de s’intégrer, cela signifie aussi faire le deuil de leur vie ‘d’avant' », explique Caroline Intrand. Le second : les proches. « Généralement les migrants de transit ont des connexions en Angleterre, des proches ou de la famille. » Le voyage vers l’Angleterre fait donc sens pour eux : un proche ou une connaissance, déjà sur place, peut les héberger ou les aider à trouver un travail. Justement, le troisième élément, c’est le travail. « Ils trouvent plus facilement du travail en noir là-bas qu’ici. » En effet, l’absence de carte d’identité dans le pays complexifie les contrôles. Et favorise donc le travail clandestin. Ceux qui perviennent donc en Angleterre estiment que les chances de se faire arrêter et expulser sont minces. Même si le gouvernement britannique a renforcé les contrôles sur les employeurs et les propriétaires immobiliers qui permettent le séjour de clandestins.

Avant de parler d’afflux massif vers l’Angleterre, rappelons que le phénomène de transmigration reste marginal : il concerne quelques milliers de personnes sur des centaines de milliers d’arrivées en Europe. « L’Angleterre a accueilli 35.000 migrants. L’Allemagne, un million », confirme Caroline Intrand.

Pourquoi créer un centre d’accueil pour eux ?

Depuis quelques semaines, à Bruxelles, quelques 300 migrants campent à nouveau près de la Gare du Nord et du Parc Maximilien. Les assocations comme le Ciré, Médecins du monde et Vluchtelingenwerk ont donc proposé la création d’un Centre d’Acceuil et d’Orientation (CAO) aux autorités belges. « Nous n’avons pas encore reçu de réponse », déplore Caroline Intrand, qui estime qu’il faut intervenir maintenant pour éviter de créer « un nouveau Calais ». Pourquoi créer un centre pour des personnes qui ne comptent pas demander l’asile à la Belgique ? « Tout d’abord, pour leur offrir un lieu d’hébergement, de la nourriture, un endroit où se laver. Mais aussi pour les informer. Beaucoup de migrants ne savent pas quoi faire ni à qui s’adresser. Par exemple, les mineurs ignorent qu’il faut qu’ils signalent leur âge. Tout un dispositif existe pour eux mais ils n’en savent rien. L’objectif d’un CAO, c’est aussi de demander aux migrants de prendre une décision. S’ils veulent aller en Angleterre, il faut leur expliquer qu’ils ne peuvent pas. Bref, c’est vraiment offrir de l’aide à ces personnes. Pour le moment, les dispositifs mis en place visent plus à la répression qu’à l’assistance. » L’idée leur vient de France, où des CAO ont été créés en octobre 2015. Ces structures d’hébergement temporaires ont permis aux autorités d’y ‘dispatcher’ les migrants de la Jungle de Calais au moment de son démantèlement. Pour Caroline Intrand, « la France attendu trop longtemps, à Calais et à Grande-Synthe. La situation était devenue ingérable. C’est à ce moment-là qu’ils ont réagi. La Belgique doit agir avant que ça ne devienne le cas ici. »

D’après les associations, une telle installation serait aussi bénéfique pour les services de police. « Les policiers et les migrants jouent au chat et à la souris. C’est une perte de temps et de moyens. Un Centre de ce genre permettrait de libérer des forces de police pour se concentrer sur la sécurité publique, leur mission première », décrivait ainsi Pierre Verbeeren, directeur de Médecins du Monde, la semaine dernière.
S. F.

Témoignages
Platform (facebook) Comité de soutien VSP – Eveline Dal partagé la publication de Françoise Romnee 23 juillet, 11.21- Françoise Romnee – Solidarité avec les réfugiés de la gare du nord- 23 juillet, 10:17
Texte de Thierry Leflot
Omar est mort…
On a distribué presque 700 repas tantôt au parc
Il s’est accroché sous un bus en partance pour l’Angleterre…
On venait de partout ! Liège, Marche, Mons, Bruxelles, Arlon, Syrie, Soudan, Irak, Palestine, Tchad, Sénégal…
Il est tombé et le bus a roulé dessus…
Encouragés par votre générosité, on a distribué des fruits, des sardines de l’eau, des desserts, des vennoiseries…
Il est mort à l’hôpital très vite…
On a échangé des sourires, un liégeois a retrouvé son oncle près de Namur
J’ai sûrement souri à Omar.
Je veux continuer à sourire, pas vous ?
Omar n’ira pas en Angleterre.

Cen Drine- 23 juillet, 11:00 page facebook de Françoise Romnee
Non tu n’étais pas « un des migrants de la Gare de Nord ».. tu étais Omar, 17 ans. Un jeune homme qui rêvait d’Angleterre.
Dieu sait quel chemin tu as parcouru jusqu’ici… pour poursuivre ce rêve… ce rêve d’une belle vie, de l’Eldorado ?
Je pense à tes parents qui, si ils sont encore en vie, se demandent peut-être ce que tu deviens, si tu es « passé » et va pouvoir vivre ce rêve. Ou alors ils ont appris la nouvelle et ils sent effondrés… loin de toi, ne pouvant te voir une dernière fois pour faire leur deuil…
Tu étais Omar, un de ces jeunes hommes souriants… pas un « migrant de la Gare du Nord ».

65 sans-papiers relogés dans un bâtiment privé inoccupé à Etterbeek

Mis en ligne le 26/07/2017 à 12:01 Le soir.be – Patrice Leprince
Le bourgmestre Vincent De Wolf prend un arrêté communal inspiré de l’article 134 bis de la Loi communale. Un dispositif original qui pourrait devenir un cas d’école.

Depuis ce lundi, une soixantaine de sans-papiers occupent l’ancien home Val de Rapsodie, avenue d’Auderghem, à Etterbeek. Un refuge synonyme de fin d’errance, à tout le moins jusqu’à la mi-septembre mais qui pourrait aussi ouvrir de nouvelles perspectives pour le relogement temporaire de personnes se retrouvant à la rue, avec ou sans papiers. A l’origine de cette solution inédite, le bourgmestre etterbeekois Vincent De Wolf (MR) et son attaché parlementaire, Arnaud Van Praet qui ont épluché les textes de loi pour aboutir à la rédaction d’un arrêté visant la réquisition de l’immeuble précité. Un choix dicté par l’urgence, souligne le mayeur qui retrace les événements. Une histoire qui démarre le 21 juillet dernier. « Après le défilé, j’ai reçu un coup de téléphone de la police me rapportant une manifestation devant un ancien bâtim
ent hospitalier de la rue de Haerne. Sur place, 80 personnes étaient déjà entrées dans le bâtiment, par effraction ».
Direction donc le centre sportif de la rue des Champs, un des lieux repris dans le cadre du plan d’urgence. Véhicules communaux et bus scolaires sont mobilisés pour conduire le groupe à bon port, le vendredi soir. « Mais je savais que 200 jeunes arrivaient pour les stages sportifs dès le lundi matin. Le sablier s’écoulait donc, engendrant pas mal de stress ».

Le duo s’est alors penché sur le bâti dispersé sur le territoire local. « Je me suis rappelé avoir rencontré un promoteur qui avait signé le compromis pour l’achat du Val de Rapsodie qui, et c’est important est un ancien logement collectif avec des chambres réparties sur 9 étages ». Un bâtiment aujourd’hui inoccupé qui une fois le permis obtenu doit être rasé et reconstruit pour proposer du logement pour des étudiants de l’ULB. « J’ai appelé le propriétaire qui était en vacances à l’étranger. Très conciliant même si ce n’est jamais agréable de recevoir ce genre de coup de fil, il m’a confirmé que le permis n’était pas encore complet et que les travaux ne commenceront pas avant la mi-septembre, au plus tôt ».

D’ici là, donc, personne ne jouit des lieux. « Entre des gens qui ne peuvent pas occuper les lieux et d’autres, dont des femmes et des enfants, qui vont se retrouver à la rue, ma résolution a donc été rapidement prise de tenter de lancer une procédure de réquisition ».

C’est là qu’intervient l’audacieux exercice d’ingénierie juridique imaginé par les deux élus MR. Sur base de plusieurs textes, dont la Constitution. « L’article 23 dit que chacun a le droit de mener une vie conforme à la dignité humaine, ceci comprenant notamment le droit à un logement décent ». L’article 1er de la loi sur les CPAS est du même tonneau. « Il s’agit de principes généraux qui ne sont pas applicables tels quels, il n’existe aucune jurisprudence de quelqu’un ayant assigné l’Etat ou une collectivité pour obtenir un logement de force ». En ligne de mire aussi et surtout l’article 134 bis de la Loi communale qui précise que le bourgmestre dispose d’un droit de réquisition de tout immeuble abandonné depuis plus de six mois afin de le mettre à la disposition de personnes sans-abri. Mais, à la lecture des conditions liées à ce droit de réquisition qui date de 1993 et n’a jamais été activé, De Wolf et Van Praet déchantent. « On était un peu détruits car si on respecte l’ensemble des prescriptions, il faut plusieurs mois au moins avant que la réquisition puisse intervenir ».

Le mayeur va donc s’appuyer sur ses prérogatives en termes de police administrative pour prendre un arrêté communal englobant les éléments juridiques précités.

Equilibre des intérêts en présence

Résultat : 8 pages revisitant notamment l’article 134 bis. « Que nous appliquons donc sans l’appliquer dans toutes ses dispositions. Il n’y a pas de respect strict de la réglementation mais en droit administratif, il existe ce que l’on appelle «l’équilibre des intérêts en présence». On se raccroche ici à un principe supérieur qui est celui avancé par la Constitution et la loi sur les CPAS. On a d’une part un propriétaire qui n’a pas de perte de jouissance d’un bien qu’il n’occupe pas et d’autre part on sait qu’aucun dégât ne peut être causé à l’immeuble car celui-ci doit être démoli ».

Reprise également dans l’arrêté, une disposition du code du logement précisant que l’absence de toute domiciliation dans l’immeuble concerné fait présumer celui-ci comme inoccupé. L’extrême urgence et l’impérieuse nécessité sont également évoquées qui rendent impossible la stricte application de la procédure du 134 bis. « Lorsque j’ai annoncé cela aux associations de défense des sans-papiers, certains ont parlé d’avancée inédite ». Juridiquement, le dispositif est-il solide ? Le bourgmestre veut y croire. « Je ne sais pas ce que le Conseil d’Etat en penserait en cas de recours mais nous lui avons donné tous les moyens pour lui permettre de confirmer notre arrêté ».

« Osé mais fondé »

Un arrêté qui, le cas échéant, pourrait ouvrir la porte à d’autres procédures de réquisition. A Bruxelles ou ailleurs. « L’idée est de redonner force à l’article 134 bis grâce aux autres dispositions qui l’entourent. C’est assez osé mais c’est fondé », jugent les deux libéraux. « Je pense que cela fait bouger les lignes, beaucoup réagissent positivement et je m’en réjouis. Je crois que c’est une première qui pourrait faire changer les mentalités, souligne Vincent De Wolf qui se dit prêt à aller plus loin. Je pense qu’il faut changer les textes. Nous avons fait preuve d’ingénierie et ce que nous mettons dans notre arrêté communal, il faudrait le mettre dans la loi ».

Une Loi communale qui ne peut être modifiée qu’au niveau fédéral. Et Vincent De Wolf d’annoncer qu’il va rédiger une proposition de modification de ladite Loi communale à soumettre au parlement fédéral, par l’entremise de ses collègues. « En vue de rendre facilement et légalement possible ce que nous avons fait de manière un peu sportive ».

Les associations satisfaites
Mis en ligne le 26/07/2017 à 11:57- Le Soir.be – Par MÉLODIE VOUÉ (st.)

Les différentes associations d’aide aux migrants et de logements se réjouissent de la réquisition du bâtiment à Etterbeek. « Nous sommes bien évidemment ravis de cette décision » , déclare Serge Noël, de l’ASBL SOS Migrants, qui a pour but de sensibiliser l’opinion publique et les responsables politiques aux conditions vécues par les migrants. « Nous avons vraiment négocié avec Vincent De Wolf pour que cela aboutisse. Nous sommes évidemment satisfaits que notre demande ait été entendue. Le bourgmestre a fait preuve d’un grand courage et d’une grande correction dans sa parole. Nous sommes en train de construire une vraie relation de confiance avec lui ». Serge Noël espère également que cette décision va entraîner de nouveaux projets : « C’est une nouvelle historique à Bruxelles car cela va ouvrir la porte à des initiatives similaires dans d’autres communes, que ce soit pour les sans-papiers mais aussi pour les sans-abri. J’insiste particulièrement sur la mobilisation des associations et du front commun syndical ».

Même son de cloche du côté de Clarisse Van Tichelen, membre du comité de soutien de « La Voix des Sans-Papiers » : « Nous sommes très satisfaits de la décision qui a été prise. On avait une demande qui était de trouver une solution à moyen terme sur Etterbeek, sachant qu’il y avait plusieurs bâtiments qui étaient vides. Il y a eu plusieurs négociations avec le bourgmestre ce week-end, qui se sont donc soldées par cette proposition de réquisition d’un bâtiment privé » .

Une forte mobilisation citoyenne

Clarisse Van Tichelen insiste également sur le travail des associations de soutien : « Nous avons été surpris qu’un bourgmestre MR prenne une telle décision mais en même temps très satisfaits. Ça montre que le droit au logement est reconnu et prime parfois sur des questions de propriétés privées alors que les bâtiments sont inoccupés. On est content du bourgmestre mais c’est surtout grâce à la mobilisation citoyenne, au combat des sans-papiers et au rapport de force qu’on a réussi à faire bouger les lignes politiques. On espère que d’autres bourgmestres bruxellois suivront le même mouvement » .

En ce qui concerne l’échéance du temps de logement, « il est fort probable que les travaux ne commencent pas le 15 septembre, et donc l’idée serait de prolonger cet arrêté de réquisition jusqu’à ce que les travaux commencent. Ce n’est pas encore très clair car les permis d’urbanisme sont en train d’être introduits », conclut Clarisse Van Tichelen. « C’est à la fois une solution de relogement digne et un geste fort, tant d’un point de vue politique qu’humain », a déclaré, quant à lui, le collectif « La Voix des Sans-papiers ». « Nous sommes contents, car nos familles ne sont pas à la rue », explique Modou, l’un de ses porte-parole.

Une victoire pour le droit au logement

Damien Delaunois, chargé de projets à la FéBUL (la Fédération Bruxelloise des Unions pour le Logement), loue également la décision : « Dans la mesure où l’on met tout en œuvre pour que des bâtiments vides soient occupés, c’est une excellente nouvelle qu’un immeuble ait été réquisitionné pour y loger des personnes. On ne peut que se féliciter que des bâtiments soient utilisés à ces fins-là. Il y a beaucoup de bâtiments vides à Bruxelles, et la réquisition de certains d’entre eux permet de lutter contre la vacance immobilière, donc nous nous félicitons de cette initiative ».

Convention d’occupation précaire avec la commune d’Etterbeek

Convention d’occupation précaire Entre les soussignés :
1. La Commune d’Etterbeek, représentée par MM. Vincent De Wolf, Bourgmestre, et Stéphane Queeckers, Secrétaire communal f.f., et ci-après dénommée « la Commune » ;

2. Le collectif « La voix des sans-papiers », représenté par M. Modou Ndiaye, agissant au nom et pour le compte des personnes sans-abri visées par l’arrêté de police administrative pris par le Bourgmestre d’Etterbeek en date du 23/07/2017, et ci-après dénommée « l’Occupant » ;

3. L’asbl SOS Migrants, représenté par M. Serge Noël, agissant en qualité de facilitateur ; Il est préalablement exposé ce qui suit : La présente convention intervient dans le cadre de l’arrêté de police administrative pris par le Bourgmestre d’Etterbeek en date du 23/07/2017 ayant décidé de la réquisition de l’immeuble sis 269 avenue d’Auderghem à 1040 Etterbeek, à dater du 23/07/2017 dès 20 heures jusqu’au 14/09/2017, à 12 heures au plus tard, et ci-après dénommé « l’Arrêté de réquisition ».

Il est ensuite convenu ce qui suit :
Article 1 La Commune donne à l’occupant, qui l’accepte, un droit d’occupation précaire sur les parties de l’immeuble sis 269 Avenue d’Auderghem à 1040 Etterbeek telle que déterminées par l’Arrêté de réquisition, en ce compris les modifications qui seraient apportées à celui-ci par l’autorité administrative. A la signature de la présente, ces parties sont composées de vingt-six (26) chambres et d’une (1) salle communautaire, laquelle est située au rez-de-chaussée de l’immeuble. Le droit d’occupation est accordé à titre strictement précaire.

Article 2 La convention entre en vigueur à compter du 23/07/2017 à 20h pour se terminer de plein droit le 14/09/2017 à 12h. Elle sera prolongée dans l’hypothèse d’une prolongation de l’Arrêté de réquisition. Les parties conviennent de comparaitre volontairement devant de la Justice de Paix en vue de faire acter leur accord de quitter les lieux à la date ultime de la présente convention.

Article 3 Les lieux serviront essentiellement d’habitation provisoire et précaire aux personnes physiques visées par l’Arrêté de réquisition, accompagnées par l’Occupant. L’accompagnement social de ces personnes sera assuré par l’Occupant. La salle communautaire, visée à l’article 1, ne pourra servir qu’aux usages spécifiques suivants : réunions, rencontres et restauration, à l’exclusion de tout meeting de nature politique. Aucun affichage ne pourra s’opérer sur toute fenêtre donnant sur la voirie publique. Ces destinations ne pourront être modifiées.

Article 4 La convention a pour objet une occupation strictement précaire et non une mise en location. Elle ne confère, du reste, aucun droit à un bail, qu’il soit actuel ou futur. Elle est donc exclue du champ d’application de la Loi du 20 février 1991 contenant des règles particulières aux baux relatifs à la résidence principale, des dispositions du Code du Logement visant la régionalisation de ces règles, de l’article 1717 du Code civil et, de façon plus générale, des dispositions contenues aux articles 1714 et suivants du Code civil relatifs aux baux de biens immeubles.

Article 5 En conséquence de son droit d’occupation précaire, l’occupant prendra en charge le montant des frais relatifs aux charges du bien visé par l’Arrêté de réquisition, tels que les consommations (eau, électricité), les frais éventuels relatifs à l’ouverture et à la location des compteurs, les frais relatifs aux communs, etc. Un état des lieux contradictoire des compteurs sera réalisé en date du 24/07/2017. La Commune adressera un décompte final à charge de l’Occupant.

Article 6 L’Occupant ne pourra effectuer dans les lieux aucune modification ou transformation. L’Occupant s’engage à entretenir les lieux en bon père de famille. L’Occupant s’engage à ce qu’aucune nuisance ne sera causée aux voisins.

Article 7 L’Occupant souscrira, pour toute la durée de la convention, et à ses propres frais, auprès d’une compagnie d’assurances ayant son siège social en Belgique, un contrat d’assurances du type « intégrale-incendie » garantissant à la fois les parties de l’immeuble occupé, telles que visées par la présente convention, les meubles et sa responsabilité civile.

Article 8 La Commune et ses représentants auront le droit de visiter les lieux à tout moment moyennant avertissement préalable.

Article 9 Si l’Occupant manque gravement à ses obligations, la Commune pourra immédiatement mettre un terme à l’occupation sans préavis.

Fait à Etterbeek, le 23/07/2017.

Chacune des parties reconnaissant, par la signature des présentes, avoir reçu un exemplaire de la présente convention.

Pour la Commune, Pour l’Occupant, Pour le Facilitateur,

Stop à la chasse aux sans-papiers

Opinion : Carte blanche 25/07/17 à 10:22 – Mise à jour à 10:22 ; Le Vif

À l’heure où les sans-papiers invitent les citoyens à les rencontrer, force est de rappeler que, ces derniers mois, les mesures répressives à l’égard des personnes sans papiers se sont intensifiées et diversifiées, dans un climat de discours toujours plus alarmistes et criminalisants vis-à-vis des étrangers.

Cette répression va à l’encontre des valeurs fondamentales que notre société prétend incarner. Elle fonde la légitimité d’une gestion sécuritaire de la société dans son ensemble et érige des murs entre les citoyens.

Les sans-papiers – c’est-à-dire des personnes qui vivent sur le territoire belge sans s’en voir reconnaitre le droit – seraient aujourd’hui plus de 150 000 en Belgique, et leur nombre augmente au fil des refus de demandes d’asile et de séjour de la part de l’État belge. Des dizaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants, qui viennent pourtant de régions dévastées par les injustices et la violence. Ces personnes se retrouvent condamnées à la clandestinité, à l’invisibilité, au bout de la chaine des droits et de la citoyenneté.

Par « répression » à l’égard des sans-papiers, nous entendons toute mesure qui vise directement ou indirectement à empêcher ces personnes d’exercer leurs libertés les plus fondamentales et de vivre dans la dignité. Et ce, au nom de leur contravention aux conditions extrêmement strictes et largement arbitraires en vigueur en matière d’octroi de titres de séjour.

Les mesures de cet ordre, qui tendent à devenir monnaie courante sous cette législature, sont désormais mises en oeuvre chaque semaine. Il peut s’agir d’évacuations d’occupation collectives, qui jettent des personnes hors d’hébergements déjà très précaires dans la rue, du jour au lendemain, sans qu’aucune alternative ne leur soit proposée, sur base de motifs – réels ou factices – souvent disproportionnés par rapport au drame humanitaire causé. Il s’agit également d’arrestations administratives, de plus en plus fréquentes, hors respect des balises légales. Par exemple, lorsqu’elles impliquent la violation du domicile, lorsqu’elles se déroulent sur la base d’une convocation mensongère de la part de l’administration ou de motivations non conformes à la loi, lorsqu’elles constituent des rafles en raison de leur dimension collective et potentiellement ciblée, comme c’est le cas des contrôles de plus en plus réguliers opérés par les forces de police dans les transports en commun. Au sommet de cette triste liste, se situe l’instrument phare de la politique actuelle en matière de migrations, les centres fermés, dans lesquels le gouvernement Michel prévoit de détenir à nouveau des enfants – qui n’ont commis d’autre délit que celui d’être des enfants de personnes qui ne disposent pas de titre de séjour – et dont le Secrétaire d’État à l’asile et à la migration souhaite doubler la capacité.

Ces mesures sont appuyées par une cascade de lois télégraphiques, votées à la va-vite, qui s’en prennent aux étrangers au nom de présupposés abus, ou de prétendues violations de l’ordre public et de la sécurité nationale. C’est le cas de la réforme destinée à faciliter les évacuations ou l’infraction de domicile, de celle permettant d’accélérer le processus d’expulsion dans certaines conditions, de celle fragilisant l’accès à une aide juridique de qualité. Ou de l’introduction récente d’une amende pour entrée irrégulière sur le territoire, de l’augmentation de la redevance pour toute introduction d’une demande de séjour et du retrait du bénéfice automatique du titre de séjour pour les enfants dont un seul des deux parents est en séjour régulier. D’autres mesures encore, ne ciblant pas explicitement ni directement les personnes sans papiers, ont de graves répercussions sur ces dernières: c’est le cas de la loi qui impose de s’identifier au moyen d’un document d’identité valable lors de l’achat d’une carte de téléphone prépayée.

Ces évolutions rendent le quotidien des personnes sans papiers en Belgique invivable, en s’attaquant à la possibilité de voir leurs droits défendus en justice, de vivre en famille, ou simplement de se déplacer et de communiquer. Elles éloignent aussi la possibilité pour les personnes migrantes d’obtenir le droit de séjour et les condamnent à clandestinité. En d’autres mots, le politique déploie de plus en plus d’efforts et de moyens pour réprimer des situations qu’il a lui-même créées.

Nous ne pouvons laisser nos responsables politiques prendre ce virage extrêmement serré sans dire mot. De plus en plus de voix citoyennes sont prêtes à s’élever, comme celles de quarante chauffeurs de la STIB qui, récemment, écrivaient au gouvernement pour se désolidariser des contrôles massifs effectués par les forces de police à la sortie des bus, trams et métros bruxellois. Comme ces six passagers appelés à comparaitre devant le tribunal le 31 mai, pour s’être opposés à une expulsion violente dans un avion à destination du Cameroun. Ou encore ces policiers qui, le 21 mai, refusaient d’embarquer de force dans un avion le père de deux jeunes enfants, dont la détention en centre fermé avait été jugée illégale par trois décisions de justice. Sans compter tous ces citoyens qui, anonymement et solidairement, hébergent des personnes auxquelles l’État demande de disparaitre.

Nous ne pouvons qu’encourager vivement ces sursauts de démocratie, de résistance face aux atteintes aux droits des plus exclus, préfigurant un modèle de société plus inégalitaire encore, susceptible de balayer nos libertés à toutes et tous.

Signataires :

CIRÉ

Aide aux Personnes Déplacées

Marche des migrants de la région du Centre

Maison du Peuple d’Europe

Point d’appui

Pour écrire la liberté

Amitiés sans frontières

Comité de coordination de Tout autre chose

SOS Migrants

Commission des pensionnés et des prépensionnés de la CGSP de Verviers

Migrations et luttes sociales

CSC Bruxelles

CSC

Équipes populaires

Groupe Montois de Soutien aux Sans-Papiers

Progress Lawyers Network Brussels

Ligue des droits de l’homme

Mouvement Ouvrier Chrétien

Comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde

Centrale nationale des employés (CSC)

Service social de Solidarité socialiste (SESO)

Samenlevingsopbouw

BXI: Bruxelles Initiatives

La Maison du livre

FGTB Wallonne

FGTB fédérale

FGTB de Bruxelles

Commission wallonne des travailleurs migrants (CEPAG)

Bruxelles laïque

Centre social protestant (CSP)

Siréas

Comité des travailleurs migrants avec et sans papiers de la CSC

Coordination des sans-papiers de Belgique

Bruxelles Laïque

Comité des femmes sans papiers

Cap Migrants

Mouvement contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie (MRAX)

Le Monde des Possibles

Paroisse du Béguinage de Bruxelles

Pigment

Union progressiste des juifs de Belgique (UPJB)

Collectif contre les rafles et les expulsions et pour la régularisation (CRER)

Le Monde selon les femmes

La Marche mondiale des femmes

Centre Avec

CNCD-11.11.11.

Réseau ADES

Centre Communautaire Laïc Juif David Susskind (CCLJ)

Centre d’action interculturelle de la Province de Namur (CAIN)

Centre régional d’intégration du Brabant wallon (CRIBW)

Centre bruxellois d’action interculturelle (CBAI)

Mia Vroom

Nicole Dontot

France Blanmailland

Bernard Lemaire

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Appel à pétition : Pour la libération d’Izatu BARRIE, non à son expulsion !

Ce lundi 17 juillet 2017, Izatu BARRIE, Siéra-léonaise militante du Comité des femmes Sans–Papiers et membre du Collectif Ebola a été contrôlée dans les rues de Bruxelles. Elle a ensuite été arrêtée et transférée au centre fermé 127bis de Steenokkerzeel. Son seul « crime » : ne pas disposer d’un titre de séjour en Belgique…

Madame BARRIE a pourtant demandé asile à la Belgique, et ce en 2009 déjà. Cette demande lui a été refusée sous le prétexte – largement utilisé – du manque de crédibilité… Elle est aujourd’hui menacée d’expulsion vers la Sierra Léone, son pays d’origine, où elle risque de lourdes persécutions.

Engagée aux côtés du « Comité des Femmes Sans-Papiers », Madame BARRIE lutte en faveur de l’égalité des genres et pour le respect des droits fondamentaux de tout.e.s les travailleur.euse.s migrant.e.s.

A travers la préparation de confitures artisanales ou la confection de vêtements, Madame BARRIE favorise l’auto-organisation des femmes pour leur survie au quotidien. Ce faisant, elle contribue à la fois au développement des compétences de chacune, et à la mise en place d’une solidarité indispensable au vivre ensemble.

Au cœur de la lutte avec la Coordination des Sans-Papiers, et avec le soutien de la Plateforme, la force de ses convictions nous appelle à rejoindre la mobilisation. D’indignation en révolte, d’action en manifestation, elle nous rapproche chaque jour un peu plus de notre objectif commun : la régularisation de tou.te.s les Sans-Papiers.

Aujourd’hui, la politique répressive implacable du Gouvernement MR-VLD-NVA-CD&V touche celles et ceux qui se lèvent pour des droits égaux ; et ce, que l’on ait ou non des papiers. Izatu BARRIE ne constitue un risque pour personne ici. Elle est une citoyenne engagée.

Du fait de sa condition de femme, elle risque, par contre, de subir de graves violences en cas de retour forcé, mettant à mal le respect de ses droits les plus élémentaires !  

Izatu BARRIE n’est pas la seule à connaître cette situation. Nombreuses et nombreux sont les personnes Sans-papiers victimes d’arrestations arbitraires. Il faut que cesse cette chasse rappelant des périodes de l’histoire que nous espérions à tout jamais révolues…  

C’est pourquoi, nous, signataires de cette pétition, exigeons sa libération immédiate.

Lien pour la pétition : https://www.petitions24.net/pour_la_liberation_dizatu_barrie_non_a_son_expulsion

Fraude : les sans-papiers ciblés par des médecins-contrôle

Adrien de Marneffe Publié le jeudi 20 juillet 2017 à 07h41 – Mis à jour le jeudi 20 juillet 2017 à 07h42 -DH.be

Belgique Aide médicale urgente : Willy Borsus renforce contrôles et sanctions contre un « usage à la carte » des soins de santé.
Willy Borsus (MR), ministre de l’Intégration sociale, veut davantage contrôler et mieux encadrer l’aide médicale urgente (AMU).
Le Conseil des ministres doit valider ce jeudi matin deux projets de loi, dont le contrôle renforcé des frais médicaux des sans-papiers et la création de postes de médecins-contrôle. Le système AMU consiste en une aide pour les personnes en séjour illégal, via une intervention financière du CPAS dans leurs frais médicaux. Il ne concerne pas les demandeurs d’asile ou réfugiés, mais spécifiquement les sans-papiers.
Point de départ : le gouvernement a constaté qu’en deux ans, le coût de l’aide médicale urgente avait grimpé de plus de 10 millions €, passant de 45,427 millions € en 2014, à 55,102 millions en 2016. Il prend donc ce jeudi des mesures pour tenter de réduire cette facture.  » L’accès à l’aide médicale urgente est un droit fondamental : toute personne souffrant d’une affection sur notre territoire doit être soignée, indépendamment de son statut. Il s’agit du droit à la dignité humaine, rappelle en préambule Willy Borsus. On constate cependant une augmentation de l’aide médicale urgente, mais également des différences notables de coût entre les communes du pays, voire des cas de tourisme médical . » Borsus jure ne pas remettre en question la notion de soins de santé urgents mais  » l utter contre ces abus en mettant en place des mécanismes de contrôle plus poussés, contre les soins de santé à la carte « .
La nouvelle loi prévoit que la Caisse auxiliaire d’assurance maladie-invalidité (CAAMI) puisse effectuer un contrôle médical. Elle vérifiera que la justification médicale est effectivement « urgente ». Pour ce faire, des postes de médecins-contrôle seront spécifiquement créés.  » Certaines personnes obtiennent l’AMU pour des soins de dentisterie. Peut-on qualifier cela d’urgence médicale ? se demande la porte-parole de Willy Borsus. Nous avons des soupçons sur des cas de ‘shopping médical’, de personnes qui viennent en Belgique pour bénéficier de certains soins de santé. »
Si elle se rend compte que des frais ont été payés alors qu’ils n’auraient pas dû l’être, la CAAMI pourra récupérer le montant auprès des hôpitaux. Et même des CPAS, si ceux-ci n’ont pas effectué correctement leur enquête sociale, avant de payer la facture à l’hôpital.
Enfin, le projet de loi prévoit une extension du système MediPrima aux médecins généralistes, dès le 1er août. Ce système permet de gérer électroniquement les décisions de prise en charge de l’aide médicale par les CPAS.
Adrien de Marneffe

Le bourgmestre d’Etterbeek reloge temporairement des sans-papiers dans un immeuble privé inoccupé


Le bourgmestre d’Etterbeek reloge temporairement des sans-papiers dans un immeuble privé inoccupé – © DIRK WAEM – BELGA – Publié le dimanche 23 juillet 2017 à 16h59 – La RTBF

Le bourgmestre d’Etterbeek Vincent De Wolf (MR) a réquisitionné dimanche un immeuble privé inoccupé sur le territoire de sa commune pour reloger temporairement une cinquantaine de sans-papiers qu’il avait autorisés à occuper provisoirement le Centre des sports local. Ce bâtiment doit en effet être libéré en vue du démarrage, lundi, des stages sportifs d’été proposés à plusieurs centaines d’enfants, a-t-il indiqué dimanche.

Première application en Région bruxelloise
La réquisition de cet immeuble situé le long de la chaussée d’Auderghem constitue, selon Vincent de Wolf, une première application en Région bruxelloise du droit de réquisition par un bourgmestre d’un immeuble vide au bénéfice de sans-abri.
Le bourgmestre avait été informé vendredi soir de l’occupation illégale d’un bâtiment scolaire, situé rue de Haerne, par des personnes sans titre de séjour légal entourées par le collectif ‘La voix des sans-papiers’. Sur rapport des services communaux l’informant que l’immeuble, destiné à être démoli, comportait des manquements importants à la sécurité incendie, Vincent De Wolf avait refusé le maintien des personnes dans les lieux.
Il avait cependant proposé une solution de relogement temporaire et précaire au sein du Centre des sports communal. « Pour autant, dès ce lundi matin, plusieurs centaines d’enfants devront pouvoir accéder aux installations dans le cadre des stages sportifs d’été », a expliqué dimanche le député-bourgmestre libéral.

Conditions acceptables
Selon lui, l’immeuble inoccupé situé avenue d’Auderghem et réquisitionné dimanche abritait précédemment une maison de repos et de soin. Devant prochainement faire l’objet de travaux de rénovation, il permet d’offrir, jusqu’au 15 septembre prochain, date de fin de la réquisition, un nouvel hébergement provisoire aux personnes sans-abri.
Les conditions d’habitabilité dudit immeuble ont été jugées acceptables par les services communaux. La réquisition prend effet dimanche à 20h. La libération du Centre des sports devra intervenir, au plus tard, à 22 h. Les services communaux nécessaires ont été réquisitionnés pour permettre le transport des personnes et de leurs effets.

Le 21 Juillet, le bourgmestre d’Etterbeek refuse la première occupation ouverte publiquement

Il est 16.30, lorsque nous nous rassemblons devant l’université du VUB. Nous savons seulement que l’occupation aura lieu dans la commune d’Etterbeek.

Les banderoles étaient déployées.

Nous voilà en marche, confiants du bienfondé de notre lutte : le collectif, Voix des Sans Papiers qui rassemblent des hommes, des femmes et des enfants ne cessent d’errer dans Bruxelles. Jusqu’ici les cinq occupations de logements vides ont nécessité à chaque fois une organisation en logistique, en bras et en stratégies. Ainsi, une occupation légale nécessite une présence préalable de 48 heures dans les lieux avant d’entamer une longue lutte entre les autorités et les propriétaires. Les cinq occupations se sont toutes soldées par des échecs. Une traduction en justice a même été menée contre un de leurs soutiens, l’ASBL Sos Migrants, qui joue un rôle de facilitateur entre les Sans Papiers et les différentes instances publiques.

Aujourd’hui, 21 juillet, les Sans papiers sont rejoints par différentes organisations de la société civile pour ouvrir publiquement une nouvelle occupation de façon « conviviale et festive ».

Nous marchons, sous le battement des musiciens et entamons les hymnes : Sans papiers, sans droits, écrasés par la loi ! So so so, solidarité avec les Sans papiers ! C’est pas les immigrés, c’est pas les Sans papiers, c’est la loi qu’il faut changer ! Ni frontières, ni nation, liberté de circulation !

No one is illegal !

Nous voilà arrivés dans la nouvelle occupation !

Les musiciens battent tambours !

L’emménagement se fait grâce à la chaîne humaine !

A l’intérieur, c’est la danse, la liesse !

La convivialité est de mise : on y vient en famille.

Les prises de parole s’enchainent : les membres du collectif VSP ouvrent la voix.

Puis le temps d’aller chercher des amis au métro et de revenir, nous voyons la police devant la porte avec interdiction de rentrer et de sortir. Des camarades du VSP et des membres de leurs soutiens sont enfermés à l’intérieur. On apprend qu’un camarade s’est fait mordre par le chien surexcité des forces de l’ordre et a dû être transporté à l’hôpital par une ambulance.

Puis survient le bourgmestre, il demande à ce que des portes paroles viennent à la commune pour négocier. Nous attendons anxieusement.

La décision revient comme un couperet. Le collectif VSP ne peut rester dans le bâtiment pour des raisons de non-conformité des normes d’incendie selon les experts envoyés par le bourgmestre. Il propose d’héberger les sans-papiers dans le gymnase de la commune en attendant de trouver une autre solution.

Les négociateurs font un compte rendu de l’entretien aux membres des Sans papiers qui sont à l’intérieur. Nous attendons, fébriles, à l’extérieur. C’est au VSP de se prononcer. Nous les soutenons quelle que soit leur décision.

Le bourgmestre demande la durée du « palabre » et sans plus attendre il fait venir un autocar et renforce le dispositif policier. Le collectif VSP, fidèle à leur habitude de conciliation accepte les propositions du bourgmestre.

Nous acclamons le collectif VSP et leur assurons de notre solidarité par les hymnes et les tambours. Nous formons une chaîne solidaire pour ressortir du batiment leurs maigres bagages. Nous sommes à la fois tristes, en colère mais confortés par la solidarité. L’autocar est mis à disposition des sans papiers. Les enfants, les femmes et les plus fragiles y sont embarqués. Tandis que les autres se rendent au gymnase situé à quelque cinq cent mètres de là. Sans relâche et sous les yeux ébahis des habitants d’Etterbeek, nous entonnons nos hymnes.

Arrivés sur les lieux, nous apprenons de bouches à oreilles que seuls les sans papiers peuvent pénétrer dans le gymnase. Le collectif de la Voix des Sans-papiers viennent pour la plupart d’Afrique subsaharienne et d’office, les forces de l’ordre opèrent une distinction ethnique. Tous les blancs sont refoulés à l’extérieur. Le bourgmestre surgit et nous fait un discours. Pour des raisons de sécurité et d’ordre public, seuls les sans papiers peuvent rentrer. Ils seront encadrés par les forces de l’ordre. Il y a des femmes et des hommes ensemble, vous comprenez il faut être vigilants… il ne veut pas avoir de problèmes. Notre porte parole demande des précisions et propose que quatre soutiens puissent dormir auprès des sans papiers. Parmi nous une voix courageuse s’élève et fait état de notre incompréhension. Pourquoi les soutiens ne peuvent-ils entrer dans le gymnase ? Les sans papiers sont-ils libres de sortir du gymnase ? Pourquoi tant de précautions, ils se sont toujours organisés sans avoir eu recours aux forces de l’ordre ? Le bourgmestre peut-il garantir qu’aucune arrestation n’aura lieu ? Notre porte parole obtient deux heures supplémentaires pour permettre aux soutiens de rentrer à l’intérieur sans entrave pour être auprès des sans papiers. On nous a garanti que les sans papiers seront libres de leurs mouvements dès le lendemain. Un membre des sans papiers intervient pour rappeler au bourgmestre que les sans papiers sont des êtres humains et qu’à ce titre ils ont le droit de se loger dignement. Leur sort est remis entre les mains du bourgmestre, lequel va trouver une solution humaine au problème d’errance. Le bourgmestre rétorque qu’il n’a fait aucune promesse au-delà de ce dimanche mais tentera de trouver une solution.

A. Tsivatou

Solidarité avec les sans-papiers / Front d’Action des migrants

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Depuis de nombreuses années, des sans-papiers militent et organisent la revendication en vue de l’obtention de leur régularisation. Les sans-papiers sont composés de femmes, d’hommes seuls ou avec enfants, souvent de très bas âge. Actuellement, il y a 5 collectifs réunissant plus de 700 sans-papiers engagés: la voix des sans-papiers (rue de l’Olivier), le Collectif Ebola, le Collectif des Afghans, le Collectif Gsppr Ixelles, Voix des sans-papiers Liège).

Afin de créer un rapport de force, ils essaient de réunir un maximum d’adhérents sans-papiers engagés et actifs ainsi que des personnes et des associations pour les soutenir.

Par nécessité, ils se réunissent dans des habitations abandonnées appelées occupations. Ce sont des logements dans lesquels les conditions de vie sont précaires : Problèmes de chauffage, d’électricité, d’eau, de toilette, d’alimentation, d’équipements, etc., constituant ainsi un réel obstacle à l’organisation de leur lutte.

Actuellement, leurs conditions de vie se dégradent dangereusement. Ils sont freinés dans leur bataille puisqu’ils dépensent beaucoup d’énergie à tenter de combler leurs besoins vitaux.

C’est pourquoi, nous faisons appel à vous afin de les soutenir dans leur lutte pour la régularisation de leur situation. Avec votre contribution financière, le Front d’Actions des Migrants s’engage à soutenir logistiquement les différents collectifs et occupations en vue de faciliter leur lutte politique.

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L’Office des étrangers: le gendarme/garde-frontière de l’Europe ?

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28/02/2017: Dans ce tout petit pays qu’est la Belgique nous avons un secrétaire d’état à la migration, Monsieur Theo Francken, et le service sous ses ordres, l’Office des étrangers qui excellent dans leur rôle d’exclusion et d’expulsion de «l’étranger »

C’est l’Office des étrangers et son Secrétaire d’état qui décident de qui doit être enfermé, y compris pour les demandeurs d’asile ;
C’est l’OE qui fait le planning des expulsions,
C’est l’OE qui fait pression sur les ambassades pour obtenir un laissez-passer pour rendre possible une expulsion ;
C’est l’OE qui fait pression sur les compagnies aériennes pour faciliter les expulsions;
C’est l’OE qui refuse d’accorder des régularisations pour raison médicale (9ter) et qui envoie des personnes aller mourir chez elles (dernier publié http://www.gettingthevoiceout.org/action-contre-lexpulsion-dun-handicape-physique-armenien-ce-191220169564/);
C’est l’OE qui décide que votre mariage est blanc, gris ou réel. Dernier témoignage d’un couple accusé de « mariage blanc” !https://amoureuxvospapiers.com/2017/02/20/virginie-et-ahmed/
C’est l’OE qui détermine si une personne est musulmane “radicale” et qui l’inscrit ensuite dans sa liste de “Terroristes et dangereux à expulser” http://www.gettingthevoiceout.org/temoignage-dun-grand-terroriste/
C’est l’OE qui enferme des enfants en catimini dans l’éloigné centre fermé de Bruges, mettant en doute la minorité d’un enfant de 13 ans http://www.gettingthevoiceout.org/trois-jeunes-adolescents-en-centre-ferme-a-bruges-en-belgique/
C’est l’OE qui enferme une mère et refuse de croire que ses enfants sont ses enfants, préférant prolonger la détention séparée de ceux-ci dans l’attente des résultats de tests ADN;
C’est l’OE qui organise des vols collectifs, vols collectifs dont la légalité est mise en cause par plusieurs ONG;
C’est L’OE qui utilise déjà depuis des années des stratagèmes illégaux et honteux pour arriver à expulser le quidam « étrangers » dans une pseudo légalité;
C’est l’OE encore qui gruge avec la légalité par des artifices administratifs pour prolonger les détentions bien au-delà des limites permises;
C’est l’OE enfin qui, avec l’appui habituel du Parquet, fait quasi-systématiquement appel des décisions de remise en liberté.
Un état dans l’État bien rôdé, caractérisé par l’abus de pouvoir, le mépris pour les jugements des tribunaux et les libertés publiques, qui contourne les lois et propose des lois toujours plus répressives.

Et une nouvelle étape a été franchie : Theo Francken fait voter une loi ce 9 février 2017 visant à « mener une politique d’éloignement plus cohérente, plus transparente et plus efficace”, qui lui permettra d’enfermer et d’expulser tout étranger ou descendant d’étrangers résidant en Belgique que ces services estiment être un danger pour l’ordre public ou la sécurité et ce, sans passer par un tribunal. Communiqué de la LDH ici .

Le 24 février 2017 Theo Francken s’en prend cette fois ci aux avocats avec un nouveau projet de loi visant à sanctionner les abus de procédure en matière de droit des étrangers! Communiqué de avocat.be ici

A l’aéroport sa police n’a pas besoin de loi pour empêcher quotidiennement des gens de couleur en transit de prendre leur correspondance en mettant en doute les visas délivrés par des consulats et ambassades, les passeports délivrés par un pays africains, des cartes de résidences dans un pays de l’espace Schengen, jusqu’à mettre en doute des filiations mère /enfants.
Nous récoltons des témoignages de nombre de personnes arrêtées à l’aéroport et enfermées au centre fermé Caricole sur base de « suspicion de faux »

En transit

Ils sont très souvent en transit à l’aéroport de Zaventem, prêts à reprendre un vol vers leur pays de destination avec passeport, visa et en possession de toutes les exigences administratives exigées par le pays de destination : des agents de l’OE sont au comptoir d’embarquement et leur interdisent de monter dans l’avion sous des prétextes hallucinants : visa douteux, passeport douteux, hôtel non réservé,…
Ainsi un homme qui avait réservé son hôtel dans le pays de destination : le flic de service a téléphoné à l’hôtel, a décommandé sa réservation puis l’a arrêté car pas de réservation !
Une dame venait en Belgique pour participer à une formation sportive, invitée par un club et par un ministre. Les officiers ont décrété que son visa n’était pas en règle : après des recours multiples contre ces décisions elle a été expulsée avec escorte !

Demande d’asile

Certains arrivant à l’aéroport font une demande d’asile : ils se font arrêter et amener au centre fermé Caricole. Et c’est donc de là, enfermés, qu’ils vont devoir arriver à rassembler les preuves des persécutions subies au pays et trouver un avocat pour introduire leur demande. Trop souvent les preuves péniblement réunies à partir du centre et les récits sont mises en doute par le CGRA ou l’OE sur base d’éléments atroces genre pour un document « il manque l’original »…

Une dame homosexuelle, bien qu’ayant un mandat d’arrêt contre elle, au pays a été expulsée : « aucune preuve qu’elle est homosexuelle ». Arrivée au pays nous n’avons plus de nouvelles. Il est plus que probable qu’elle été incarcérée en raison de son homosexualité (5 ans de prison).

Une autre dame fuyant un mariage forcé et étant persécutée par la famille de son futur mari, a été expulsée vers son pays car l’OE décrète qu’il n’y a « plus de mariages forcés dans votre pays ». Elle nous écrit : « À l’aéroport j’avais demandé à voir mon passeport et j’ai constaté qu’ils ne l’avaient pas annulé, alors je me suis dit que le mieux était de rentrer, au lieu de rester encore enfermée on ne sait pour combien de temps. Je suis finalement bien arrivée, mais je suis obligée de me cacher.”

Un homme originaire du Sahara oriental qui avait obtenu une carte d’asile de 5 ans en Belgique et qui s’était rendu à l’OE pour une prolongation de son asile a été enfermé et expulsé. Arrivé à Casablanca il a été arrêté et amené en prison à Laâyoune.

Un détenu du centre fermé Le Caricole nous dit:
“Deux personnes du centre sont parties pour présenter leur recours aujourd’hui. Une heure après leur retour au centre on leur annonçait que la décision était négative. Franchement, est-ce que ça vaut encore la peine d’aller au Tribunal ?”

Cartes de résidence

Un des plaisirs des officiers de police de l’aéroport est d’arrêter des personnes, mettant en doute leur carte de résidence émise par un pays Schengen où elles vivent légalement depuis des années et y ont souvent famille et travail. Elles sont alors enfermées parfois pendant plusieurs mois, avant de pouvoir retrouver leur travail, famille ou d’être expulsées vers “leur pays d’origine”. Certains subissent pendant ces mois de détention plusieurs tentatives d’expulsion vers leur « pays d’origine » ou vers le pays par lequel elles ont transité.

Filiation

Une femme, mère de 4 enfants avec carte de résidence en France a été enfermée le temps qu’un test ADN prouve que les 4 enfants sont bel et bien ses enfants.http://www.gettingthevoiceout.org/une-mere-de-quatre-enfants-residant-legalement-en-france-est-detenue-au-caricole-en-attente-dune-expulsion-vers-la-chine/

Monsieur Francken et son service, l’Office des étrangers, se sont arrogés, grâce à leur endurance raciste et la couardise des autres gouvernants, tous les pouvoirs pour arrêter, enfermer et expulser tout étranger ou fils d’étranger sur simple base d’une suspicion déclarée par eux, de danger pour l’ordre public !

Monsieur Francken triomphe en sortant ses chiffres d’enfermement et d’expulsions, n’hésitant pas à utiliser dans ses communications et ses tweets des mensonges flagrants, et en faisant arrêter, sans vergogne, des personnes munies de documents en règle.

Monsieur Francken va jusqu’à mettre en doute des cartes de résidence, délivrées par un pays Schengen, et même la filiation d’enfants légaux.

Et pourtant Monsieur Francken a eu l’audace d’annoncer lors du décret de Trump :« Un Iranien qui vit aux Etats-Unis depuis cinq ans ne peut désormais plus entrer. Imaginez qu’il ait pris une semaine de congés pour visiter Paris et la Tour Eiffel et qu’il veuille revenir ?» Et il fait exactement la même chose !

Monsieur Francken triomphe et excelle dans ses politiques d’exclusion de l’étranger voulant faire de la Belgique l’exemple réactionnaire à suivre pour toute l’Europe, en actionnant sa machine à expulser à plein régime avec toute son énergie et sans aucun scrupule.

Et nos élus attestent sans broncher !